Nouveau départ en restauration pour une œuvre inédite des réserves !

Ce mardi 12 mai, une grande toile d’un mètre cinquante de haut a été sortie précautionneusement des réserves du musée Jeanne d’Aboville pour prendre la route de l’atelier de restauration. En effet, la Municipalité de La Fère, soucieuse de l’entretien des collections de son musée poursuit la politique de restauration qui est celle de l’établissement depuis treize ans avec des peintures inédites mises en valeur, comme celle-ci qui n’a pas été présentée au public depuis plusieurs dizaines d’années.

Un sujet énigmatique et une attribution compliquée

Autoportrait de Salvator Rosa, conservé à la National Gallery de Londres

Initialement attribuée à Salvator Rosa, artiste napolitain du XVIIe siècle, cette toile correspond par sa thématique aux motifs chers à Rosa, qui aime développer des paysages rocheux tourmentés et presque fantastiques. Néanmoins cette attribution a pu être remise en cause lors d’une étude plus poussée du sujet et il s’agirait plutôt d’une copie ancienne d’un original de Rosa dont on connait au moins une version conservée au Musée départemental d’art ancien et contemporain d’Epinal.
Le nettoyage et une meilleure lisibilité de la toile pourra peut-être permettre de mieux connaitre la main qui l’a produite.
Le sujet de la toile reste également sujet à débat : un ermite placé au centre du paysage rocheux lit calmement face à un monstre, proche d‘un dragon par l’apparence. Cette représentation peut faire allusion à la vie d’un saint sauroctone (qui dompte ou tue des monstres), dont l’identité n’a pour le moment pas été trouvée. L’œuvre peut également faire référence à un récit épique médiéval ou de la Renaissance.

Un état de conservation préoccupant


Entreposée dans les réserves, l’état de conservation de cette œuvre a été jugé mauvais lors du récolement décennal, l’inventaire des collections effectué tous les dix ans. Ne possédant pas de cadre et malmené durant les évacuations des collections lors des deux dernières Guerres mondiales, il présente des petits accidents et des usures importantes sur ses bords. Ces bords ont été repris par des repeints qui débordent sur la matière originale et qui ont considérablement noircis avec le temps : associé à un vernis très oxydé, ces interventions ultérieures rendent le tableau difficilement lisible aujourd’hui.
Deux restauratrices vont intervenir sur les prochains mois au chevet de cette œuvre, à la fois pour traiter son support, la toile, et également traiter la couche picturale. Le tableau fera également l’objet d’un nouvel encadrement à son retour de restauration.

Rendez-vous dans quelques mois pour découvrir la peinture métamorphosée !