La peinture dévisagée, la visite de l’exposition !

L’équipe du musée vous propose de partir à la rencontre de l’exposition la Peinture dévisagée qui revient sur les portraits de la Collection avec plusieurs peintures inédites, puisées dans les réserves.

Les guides, durant cette visite d’une trentaine de minutes, vous feront parcourir l’exposition via les portraits présentés, pour saisir les enjeux du portrait classique et ses mutations. En bonus, si les conditions de conservation le permettent, cette visite sera l’occasion de la présentation exclusive d’un autre inédit des réserves.

 

Infos pratiques :

Ces visites auront lieu les 28 novembre, 19 décembre 2020, 9 et 30 janvier 2021 prochains à 15h. La réservation pour y participer est obligatoire, car le nombre de place est limité.

Entrée : 4€

Port du masque obligatoire durant toute la durée de la visite.

Détail du mois d’octobre : un évêque miniature…

Le détail du mois d’octobre est issu d’une crucifixion attribuée à Martin Schongauer et son atelier. Artiste majeur de la Renaissance nordique, il influence par ses gravures Michel-Ange et Albrecht Durer.
Le personnage que nous voyons, placé à une échelle réduite, est un évêque représenté en orant, c’est-à-dire en adoration. Près de l’évêque, des armoiries ressemblant à celle de Caspar Ze Rhin (zu Rhein), prince évêque de Bâle de 1479 à 1502, semblent nous indiquer l’identité du personnage. Son blason à deux lions rouges debout et deux crosses de Bâle, le signale comme donateur, comme c’est le cas dans la plupart des portraits réalisés sur des peintures à but religieux.
Le donateur est placé à proximité directe la croix où a lieu la crucifixion, sur le Mont Golgotha, nommé aussi « Lieu du Crâne ». Le crâne déposé au sol, traditionnellement identifié comme celui d’Adam, symbolise le passage de la mort à la Résurrection. La tradition chrétienne enseigne que le sacrifice du Christ, puis sa résurrection trois jours après, pardonne le péché originel dont Adam était responsable et apporte de ce fait le salut de l’humanité.
Pour découvrir l’ensemble de l’œuvre, venez au musée Jeanne d’Aboville pour l’exposition « la Peinture dévisagée » ! Ce tableau sera également évoqué à l’occasion de la conférence de l’historien de l’art Christophe Brouard qui a lieu le 24 octobre à 17h à l’espace Drouot de La Fère.

Départ en restauration du portrait de Jeanne d’Aboville

Le portrait de Jeanne d’Aboville qui présentait d’importants problèmes structurels mettant en péril sa conservation, est parti en restauration il y a deux jours.

Les restauratrices Tatiana Ullois et Marie-Paule Barrat vont veiller sur cette vieille dame de plus de  170 ans pour qu’elle puisse revenir au musée en pleine forme !

Retrouvez le reportage vidéo réalisé par France 3  à l’occasion du départ via le lien suivant. Il faudra mettre le journal du 29 septembre, vers 12m40.

La restauration du portrait de Jeanne d’Aboville est intégralement financée par l’Association des amis du Musée Jeanne d’Aboville, n’hésitez pas à rejoindre ses membres en adhérant à l’association via le bulletin d’inscription suivant.

Bonne fête aux Jérôme !

En ce 30 septembre, on souhaite bonne fête à tous les Jérôme ! C’est l’occasion de revenir sur un tableau important de la section française représentant Saint Jérôme méditant sur un crâne.

Saint Jérôme, également connu sous le nom de Jérôme de Stridon, est né vers 347 à Stridon, à la frontière de la Dalmatie, du côté de l’actuelle Croatie. Il meurt en 420 à Bethléem. Il fut moine, traducteur de la Bible, docteur de l’Église et l’un des quatre Pères de l’Église d’Occident.

Jérôme se convertit vers l’âge de 18 ans à la suite d’un rêve mystérieux et part pour la Terre sainte en 373. Il vit en ermite dans le désert à l’est d’Antioche, pour être ensuite ordonné prêtre. Le pape Damase Ier le choisit comme secrétaire et lui demande de traduire la Bible en latin. La marque de confiance que le pape lui avait accordée à cette occasion explique que l’iconographie le représente en cardinal, bien que cette fonction n’existe pas encore à cette époque.

Il meurt en 420 et ses restes sont d’abord enterrés à Jérusalem puis auraient été transférés à la basilique Sainte-Marie-Majeure, l’une des grandes basiliques de Rome.

Les représentations de Jérôme de Stridon ont très vite été présentes dans l’art occidental dès le début du Moyen Âge. On l’identifie sur l’œuvre de Vien à son manteau pourpre qui renvoie à l’habit des cardinaux. Il est représenté traditionnellement en vieillard retiré au désert alors qu’il avait entre 25 et 30 ans à cette période. Le crâne symbolise la réflexion sur la vanité des biens terrestres, en opposition à sa volonté de se concentrer sur une vie spirituelle.

Cette peinture relativement sévère s’inscrit dans une période plutôt classicisante pour le peintre, qui fut un précurseur du Néoclassicisme. Joseph-Marie Vien, né à Montpellier en 1716, est un peintre, dessinateur et graveur français. Monté à Paris en 1740, il fut, dès lors, élève de l’Académie royale. En 1743, il remporte le prix de Rome et part pour la Ville éternelle. Il découvre lors de son séjour les peintures dégagées des ruines d’Herculanum, et se passionne dès lors pour l’art antique. Après son retour d’Italie, son style devient plus sévère, mais n’est pas apprécié du public habitué à la peinture libertine de Boucher.

Il fonda une école où il forma de nombreux élèves, dont Jacques-Louis David, qui allait vraiment créer et théoriser le mouvement de retour vers l’Antiquité.

Vien meurt en 1809, Napoléon lui fait l’honneur de funérailles nationales au Panthéon, où il est le seul artiste peintre à reposer.

Départ en restauration : des navires pris dans la tempête partent se refaire une beauté

Un tableau inédit des réserves représentant des navires sur une mer houleuse part en restauration. On peut discerner dessus la signature du peintre Lacroix de Marseille et une date : 1761.

Le tableau lors de son emballage pour son départ chez la restauratrice.

Charles François Grenier de Lacroix, dit Charles François Lacroix de Marseille, est né vers 1700 à Marseille, et mort à Berlin entre 1779 et 1782.  Élève et imitateur de Joseph Vernet, il se spécialise dans les paysages de marines dans le goût de son maître. Il séjourne à Rome en 1754. À partir de 1776, il expose avec beaucoup de succès et passe une bonne partie de sa vie entre l’Italie et la Provence.

Dans ses vues fantaisistes, Lacroix juxtapose divers éléments pour créer une nouvelle réalité. Ces paysages composés sont très prisés des collectionneurs français et anglais qui effectuent leur Grand Tour ou leur voyage d’Italie et dont Naples et Rome sont des passages obligés.

Ateliers dessin animés par l’artiste Pierre Grenier

Ateliers dessin animés par l’artiste Pierre Grenier

17 octobre et 5 décembre 2020 à partir de 14h30

Dans le cadre du programme culturel entourant l’exposition la Peinture dévisagée, les 17 octobre et 5 décembre 2020, l’artiste-peintre Pierre Grenier proposera des ateliers de dessin gratuits sur le thème de l’autoportrait. Les dessinateurs, aguerris ou non, sont invités à se joindre à l’artiste pour expérimenter l’art du portrait de manière ludique. Au-delà de l’enjeu déjà important de la représentation peinte, l’autoportrait offre un point de vue plus intime puisqu’il incite l’artiste à choisir ce qu’il souhaite montrer de lui-même. Pierre Grenier accompagnera les apprentis dessinateurs dans cette démarche en proposant conseils et aide lors de l’élaboration d’un autoportrait, suivi d’une mise en couleur au pastel sec.

Ces ateliers s’effectueront uniquement sur réservation préalable auprès du musée car les places sont très limitées ! Ils sont également gratuits.

 

En bref :

Ateliers les 17 octobre et 5 décembre à partir de 14h30

Durée : environ deux heures

Lieu : musée Jeanne d’Aboville, 5 rue du Général de Gaulle, La Fère

Réservation auprès du musée au 03 23 56 71 91

Gratuit

Portraits de France et de… La Fère, Conférence par Christophe Brouard

Le 24 octobre 2020, Christophe Brouard, historien de l’art spécialiste de l’école italienne et directeur des musées de Soissons, viendra prononcer une conférence sur l’histoire du portrait, au prisme d’exemples empruntés aux collections du musée Jeanne d’Aboville. Lors de cette conférence qui sera suivie d’un temps d’échange avec l’auditoire, Monsieur Brouard explorera la notion de portrait, en s’appuyant sur des tableaux laférois qu’il confrontera à des exemples pris dans d’autres collections. Cette conférence s’inscrit dans le programme entourant l’exposition La Peinture dévisagée, le portrait au musée Jeanne d’Aboville, visible jusqu’au 28 février 2021.

En bref :
La conférence se tiendra à l’espace Drouot, rue des Bigors à La Fère, le 24 octobre 2020 à 17h.
Ouverture des portes à 16h30.
L’entrée est libre dans la limite des places disponibles et le port du masque est obligatoire durant toute la durée de la conférence.

JEP et Peinture dévisagée, c’est demain !

Demain se déroule les Journées Européennes du Patrimoine et l’ouverture de notre exposition temporaire La Peinture Dévisagée ! Pour cette occasion, nous offrons aux visiteurs de ce week-end d’ouverture en petit cadeau, un marque-page !

Demain intervient également une artiste Ana Villafana, qui vous portraitura avec de l’encre et dimanche le Zoom laonnois réalisera des portraits photographiques !

Détail du mois de septembre : un fameux portrait

Le détail du mois de septembre célèbre sans surprise le Portrait de famille néerlandaise récemment revenu de restauration et présenté à partir de ce mois-ci dans l’exposition « la Peinture dévisagée », consacrée à l’art du Portrait au sein des Collections du musée.
Œuvre d’un peintre anonyme du milieu du XVIIe siècle, ce tableau présente une famille élargie, dont les plus jeunes membres, incarnant l’avenir et la suite de la dynastie familiale, sont placés avantageusement au premier plan. L’un des plus jeunes garçons jette un regard hardi vers le spectateur. Tenant un verre à la main, il illustre le fait que la famille est représentée selon le modèle de la « tablée » : les personnes sont réunies autour d’une table pour un moment de convivialité que le peintre semble interrompre.
L’imposante aiguière de faïence bleue et blanche qui se trouve derrière le jeune homme est un témoignage de l’importance prise par l’industrie de la céramique au Pays-Bas, qui rayonne sur toute l’Europe grâce à la faïence de Delft, à partir du XVIIe siècle. Le bleu de Delft devient célèbre grâce à la finesse des pièces, à la qualité de leur émaillage, et leurs décors peints imitant le style chinois.
Pour découvrir l’ensemble de l’œuvre, venez au musée Jeanne d’Aboville découvrir la nouvelle exposition à partir du 19 septembre ! L’entrée est gratuite pour le week-end d’ouverture dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, vous pourrez y découvrir l’exposition accompagnée d’animations spéciales à cette occasion !

Journée internationale du Chien, zoom sur les canidés des Collections…

Animal familier par excellence avec le chat, il n’a pas le rôle ambivalent qu’on attribue souvent à celui-ci. Le chien apparaît avant tout comme un symbole de fidélité et de dévouement. Il matérialise souvent le lien fort qui peut lier l’Homme à l’animal dans une proximité plus immédiate que celle des animaux de bat ou les troupeaux.
Loin de se limiter aux chiens de berger, la collection présente une assez large variété de race canines, aux spécialisations marquées. Un grand tableau jouant sur un clair-obscur intense nommé la Querelle de chiens nous présente notamment un couple de molosses, se disputant de la viande tombée d’une table sous l’œil catastrophée d’une servante. Œuvre pour le moment anonyme, on l’a longtemps pensé de l’école hollandaise avant qu’on ne la suppose plutôt allemande, avec une datation proposée du XVIIe siècle. Présentant un profil musculeux et une mâchoire puissante, ces deux chiens qui se disputent la nourriture, préfigurent nos actuels pit-bulls. Présents dès l’Antiquité et très utilisés au Moyen-Age, les chiens de combats ont souvent été croisés avec des chiens de bergers pour obtenir des bouviers, répondant à la fois à la fonction pastorale et de garde, et pouvant défendre les troupeaux bovins.

La Querelle de chiens, anonyme allemand du XVIIe siècle, MJA 272

A l’opposé de ces chiens de travail, plutôt destinés au peuple, on trouve aussi des chiens d’agréments, symbole de confort paisible au sein du foyer bourgeois tel qu’il se développe principalement en Flandres et au Pays-Bas. On trouve également dans la collection des chiens dont le rôle de marqueur social est important : les lévriers. Figurant parmi les plus anciennes races connues (des évangiles apocryphes les mentionnent sur l’arche de Noé), leur profil n’a que peu évolué et est facilement identifiable. Chien destiné à la chasse, il est l’apanage des nobles, notamment dans les contrées vivant sous contrôle espagnol où il faut avoir des quartiers de noblesse pour en posséder. Figurant sur différents tableaux de la collection, on peut citer le tableau Allégorie du goût, production de l’atelier Breughel, où deux lévriers, au profil proche des actuels greyhound anglais, se tiennent entre la table du festin et le gibier issu de la chasse pour marquer leur fonction.

Allégorie du Goût, atelier de la famille Brueghel

Le sujet extrêmement riche de la représentation du chien s’inscrit dans la volonté de caractérisation de l’animal qu’on voit apparaître durant la Renaissance et qui va concerner en premier lieu les animaux auxquels les Humains prêtent le plus d’affection, voire de l’anthropomorphisme en leur attribuant des sentiments. Le premier portrait animalier en tant que tel connu dans l’Histoire de l’art a été peint en 1548 par le vénitien Jacopo Bassano : il représente les deux chiens de chasse d’un Comte, et ouvre la voie à un grand nombre d’autres portraits canins.

La Collection archéologique n’est pas en reste et livre le crane d’un  chien préhistorique en excellent état de conservation. Ce Canis lupus familiaris 
a été mis au jour à Vendeuil et témoigne de la familiarisation précoce du loup, premier animal à avoir été domestiqué par l’Homme, conduisant à l’apparition du Chien. Le chien est la seule espèce domestiquée au cours du Paléolithique. Le plus ancien chien découvert est le chien de l’Altai, un canidé domestique de Sibérie qui aurait vécu il y a 33 000 ans.

Crane de chien préhistorique