Les Femmes du musée : la visite thématique du 8 mars

Officialisée par les Nations Unies en 1977, la Journée Internationale du Droit des Femmes trouve son origine dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle, pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote.
Fondée par une femme, la comtesse Gabriel-Uranie d’Héricourt de Valincourt au XIXe siècle qui choisit par testament de lui donner le nom de sa mère, le musée Jeanne d’Aboville s’inscrit dans cette manifestation en proposant le 8 mars 2022, une visite thématique sur le thème de la représentation féminine dans les arts. En revenant sur l’utilisation des figures féminines dans les œuvres des différentes écoles, la visite permettra d’avoir un aperçu des enjeux de la représentation des vices et vertus féminins par les peintres concourant à renforcer la vision acceptée par la société.
La visite sera également l’occasion d’évoquer le statut longtemps difficile de la femme-artiste, ou encore du rôle des collectionneuses et du mécénat au féminin.
En bref :
Visites guidées thématiques “Les Femmes du musée”
8 mars à 14h et 16h, durée : environ 45mn
Entrée au musée : 4€, exceptionnellement gratuit pour les femmes à cette occasion
Réservation conseillée au 03 23 56 71 91

Détail du mois de janvier : martyre, fils de et modello…

 

Le détail du mois de janvier vous présente un tableau important des collections italiennes, représentant le martyre de Sainte Afre. Ce tableau est l’œuvre de Carlo Caliari (1570-1596), surnommé Carletto, dont l’œuvre n’est pas forcément très familière du grand public à cause de sa courte carrière, et également par le fait qu’il resta dans l’ombre de son père, le célèbre Paolo Caliari, plus connu comme Véronèse.

Le tableau représente Sainte Afre avant son martyr : païenne convertie au Christianisme, elle refuse de sacrifier aux dieux et connaît le martyr sous Dioclétien. Elle est représentée entraînée sur l’échafaud où elle sera décapitée à la suite des Chrétiens qui l’ont converti, comme en témoigne l’épée posée à gauche, dont la forme crucifère renvoie également au martyr.

La couleur rougeâtre du tableau est liée à sa principale caractéristique : il s’agit d’un modello, c’est-à-dire une étude préparatoire destinée à préparer la version finale. Ce travail non-achevé n’a pas pour vocation de quitter l’atelier et le peintre a utilisé une couche de pigment assez fine laissant paraître à de nombreux endroits la sous couche préparatoire de couleur rouge. La version définitive du tableau peinte par Paul Véronèse en personne se trouve aujourd’hui dans l’église Saint-Euphémie de la ville de Brescia en Italie.

Pour découvrir ce tableau dans son intégralité, rendez-vous au musée en salle vénitienne !

Bonne fête à toutes les Catherine !

En ce 25 novembre, nous fêtons les Catherine, en référence à la figure de Sainte Catherine d’Alexandrie.

Vierge et martyre qui aurait vécu aux IIIe et IVe siècles en Egypte, son culte fut très populaire au Moyen-Age, importé en Occident par les Croisés. Sa fête donne maintenant lieu à diverses célébrations populaires, dont celles des jeunes filles à marier, appelées les Catherinettes. Cette fête religieuse a disparu du calendrier romain en 1969, « en raison du caractère fabuleux de sa passion » et du doute qui pèse sur l’existence même de la sainte. Le thème inspira de nombreux peintres de la Renaissance italienne. Le musée possède plusieurs exemples intéressants présentant le moment de la vie de la sainte le plus intense, celui de son mariage mystique avec Jésus.

La légende de sainte Catherine d’Alexandrie

Cette légende nous est connue principalement par la Légende dorée de Jacques de Voragine.

Catherine serait née vers 290 dans une famille noble d’Alexandrie et reçoit une éducation soignée. Un jour, elle voit une séance d’apostasie (abandon et reniement de sa foi) de Chrétiens organisée par l’empereur Maxence ; elle s’adresse à lui et argumente dans un débat contre lui de façon remarquable où elle tente de convaincre l’empereur de l’existence du dieu unique des Chrétiens. Celui-ci constatant qu’il ne pourrait trouver de parade à la sagesse de Catherine convoque une assemblée de cinquante doctes grammairiens et rhéteurs.
Catherine, encouragée par un ange du Seigneur lui recommandant de résister avec constance, s’adresse à l’empereur devant les orateurs puis elle réussit à les faire taire par la pertinence de son argumentation, et à les convertir. L’empereur les fait aussitôt brûler au milieu de la cité. Séduit par sa jeunesse et son « incroyable beauté » l’Empereur lui propose une place dans son palais, en second rang après la reine. Elle répond : « Cesse de tenir de tels propos. Je me suis donnée comme épouse au Christ. Rien ne pourra m’éloigner de l’amour que j’ai pour lui. ». L’empereur la fait alors dévêtir, frapper à coups de croc de fer, et jeter dans une prison obscure sans alimentation pendant douze jours.
Le Christ envoie une colombe blanche qui nourrit la prisonnière « d’un aliment céleste ». À son retour, l’empereur lui propose une nouvelle fois d’être sa compagne, ce qu’elle refuse à nouveau. Un préfet conseille alors au roi un supplice féroce pour la vierge afin d’effrayer les autres Chrétiens. Quatre roues entourées de scies de fer et de clous doivent lui déchirer et broyer le corps. Alors Catherine pria le Seigneur de détruire cette machine. « Et voilà qu’un ange du Seigneur frappa et brisa cette meule avec tant de force qu’il tua quatre mille païens. »
L’empereur propose une dernière fois à Catherine de devenir son épouse. Elle refuse encore et il la condamne à être décapitée. Quand elle est conduite au lieu d’exécution, elle prie Dieu puis, quand elle est décapitée, du lait jaillit de son cou en guise de sang.
Alors des anges prennent son corps, l’emportent jusqu’au mont Sinaï, et l’ensevelissent avec beaucoup d’honneurs jusqu’à sa redécouverte au VIIIe siècle par des moines établis sur le Mont.

 

Sainte Catherine au musée

Le musée possède plusieurs représentations du mariage mystique de la sainte, en voici deux exemples puisés dans les collections italiennes :

PHOTO FRANCK BOUCOURT

Mariage Mystique de sainte Catherine
Biagio Pupini, dit Biagio delle Lame
(Bologne, actif 1511 – après 1575)

Peintre principalement actif à Bologne, il plane plusieurs zones d’ombre sur la vie de Biagio delle Lame. On lui connait néanmoins de nombreuses collaborations avec d’autres artistes et une place importante au sein de la guilde des peintres et sculpteurs de sa ville natale.
Si les visages et les mains aux longs doigts évoquent l’influence du peintre Le Parmesan, les figures ont surtout ici un usage symbolique, sainte Catherine, l’enfant Jésus et enfin saint Joseph, voient leurs têtes alignées dans une évocation des trois âges de la vie.
Le moment que présente le tableau est donc le mariage mystique avec le Christ, puisque Catherine a déclaré qu’elle lui était destinée. Il s’agit d’une élévation spirituelle, qui atteint une forme d’union avec le Christ assimilable à un mariage. Celui-ci est symbolisé par l’anneau que Jésus lui présente.

 

Musée Jeanne d’Aboville de la Fère, Hauts-de-France. MENTION OBLIGATOIRE: PHOTO FRANCK BOUCOURT

Mariage mystique de sainte Catherine
Girolamo da Santa Croce
(Santacroce, 1480 – Venise 1556)

Peintre vénitien du XVIe siècle, Girolamo fut un élève de Giovanni Bellini par lequel il acquit la maitrise du style Renaissance. S’il travailla principalement dans et autour de Venise, on trouve également trace de son oeuvre en Dalmatie, notamment un retable situé à l’église paroissiale de Blato (Croatie).
On voit généralement transparaitre dans les oeuvres de ce peintre l’influence de Bellini, dans ce tableau, on remarque plutôt sa volonté de se placer en suiveur d’un autre grand maitre vénitien en la personne de Titien. L’intégration de détails est inspirée des scènes pastorales de celui-ci : la vieille femme juchée sur sa mule à gauche et le vacher à droite, tous deux placés dans le paysage, créent un climat évocateur qui répond à l’aspect verdoyant de l’ensemble.
Les figures principales, la Vierge à l’enfant et Sainte Catherine, semblent quant à elles inspirées de travaux familiaux, Girolamo venant d’une famille de peintres bergamasques. Elles s’inscrivent dans un cadre représentatif typiquement vénitien.

Conférence Les primitifs allemands au coeur de l’Europe

Le musée Jeanne d’Aboville vous propose une nouvelle conférence pour explorer ses collections et découvrir davantage les grands jalons de l’Histoire de l’Art.
Au coeur de l’Europe, de Vienne à Hambourg et de Cologne à Nuremberg, des artistes ont peint d’admirables tableaux pour orner les églises et les demeures des patriciens. Leurs productions sont aujourd’hui peu connues mais elles
possèdent une profonde originalité. Empruntant parfois des caractéristiques à l’art d’autres écoles, elles révèlent de la part de leurs créateurs un grand souci d’expressivité et d’authenticité. La présentation sera l’occasion d’en savoir
davantage sur deux tableaux exposés au premier étage du musée de La Fère.

Saint Acace et les dix-mille martyrs, anonyme allemand de la fin du XVe siècle

La conférencière

Isabelle Dubois-Brinkmann est conservatrice en chef du patrimoine et pensionnaire à l’INHA depuis novembre 2019 dans le domaine de l’Histoire des
collections. De 2004 à 2019, elle est conservatrice au musée des Beaux-Arts de Lyon, puis aux musées de l’Impression sur étoffes, du Papier peint et des Beaux-Arts de Mulhouse.
Elle a publié sur de nombreux sujets correspondant à ces différentes fonctions. La peinture allemande du Moyen-Âge et de la Renaissance constitue son principal champ d’études.

Infos pratiques

La conférence se déroulera le mercredi 26 octobre 2022 à 18h à l’espace Drouot, situé Rue des Bigors à La Fère.
Durée approximative : 1h, ouverture des portes à 17h30.
L’entrée est gratuite et la réservation n’est pas nécessaire.
Le musée sera ouvert préalablement à la visite de 14h à 17h30 au tarif habituel.

Mathias Withoos de retour au musée

Après un périple l’ayant conduit au museum Flehite d’Amersfoort, ville natale du peintre Mathias Withoos, le tableau Mors Omnia Vincit est de retour au musée !

Mors omnia vincit de Mathias Withoos

 

Pour en découvrir plus sur le tableau, vous pouvez télécharger l’article qui lui a été consacré à l’occasion de l’exposition en cliquant sur l’image ci dessous !

Détail du mois de septembre 2022 : artiste voyageur, dieu-fleuve et capridé…

Le détail du mois de septembre provient d’une huile sur toile intitulée Animaux à la fontaine. Œuvre d’Hendrick Mommers (Haarlem vers 1623 – Amsterdam, 1693), elle est caractéristique de la production de ce peintre de paysages méditerranéens. Il a probablement fait un voyage à Paris vers 1666-1668 puisque plusieurs vues du Palais du Louvre depuis le Pont Neuf lui sont attribuées. Mommers réalise principalement des paysages italianisants, c’est-à-dire des vues inspirées de l’ambiance méditerranéenne que les peintres nordiques en voyage rencontrent en Italie. Cette production se caractérise par le traitement doré de la lumière et ses représentations bucoliques.

La fontaine est ornée d’un dieu-fleuve, une statue allégorique représentant sous des traits humains un cours d’eau. Cette sculpture rappelle l’intérêt de l’artiste pour l’insertion de détails antiquisants. Le style largement esquissé des personnages, l’attention au rendu naturaliste des animaux et l’usage de la lumière du sud sont tout à fait caractéristiques de Mommers.

Pour découvrir l’œuvre entière, il faudra vous rendre à la Sous-Préfecture de Soissons à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine où elle sera exceptionnellement exposée en compagnie d’une sélection d’œuvres des collections du musée ! Rendez-vous les 17 et 18 septembre 2022 !

Journée mondiale du Chien

En cette journée mondiale des chiens, voici un détail de la Halte durant la chasse de Jean-Baptiste Lallemand (1716-1803), peintre paysagiste français également connu pour ces eaux-fortes. Le détail vous présente une partie de la meute qui accompagnait à la chasse la noblesse. Il s’agit visiblement de chiens courants, c’est-à-dire destinés à poursuivre le gibier, de type anglo-français. On désigne par anglo-français plusieurs races de chiens de chasse issues de l’alliance de chiens anglais et français dont la sélection et le croisement été réalisé à partir du XVIe siècle.

photo : Franck Boucourt / Les musées des Hauts-de-France

Retrouvez également l’article de  2020 qui avait été consacré à un aperçu des canidés des collections du musée.

Une artiste randonneuse sur la Via Francigena s’arrête au musée

L’artiste plasticienne Siloé va faire route vers La Fère durant une randonnée le long de la Via Francigena. La Via Francigena (ou la « voie qui vient de France ») est un ancien chemin de pèlerinage vers Rome remontant au Moyen Âge. À l’instar du chemin de Compostelle, c’est une importante voie de pèlerinage qui s’est ouverte peu à peu à un large public, avec une reconnaissance par le Conseil de l’Europe comme « grand itinéraire culturel du Conseil de l’Europe ». La Fédération Française de Randonnée Pédestre vient d’en terminer le balisage.

photo : siloe-elise.fr ©

Durant son périple, Siloé va faire halte notamment au musée Jeanne d’Aboville le 30 juillet où elle proposera un impromptu artistique gratuit et ouvert à tous de 16h15 à 17h30.  Lors de cet impromptu, elle vous initiera à la construction de coiffes réalisées avec des éléments végétaux glanés aux alentours.

Pour découvrir un peu plus la démarche de l’artiste, vous pouvez visiter son site internet, et vous pourrez également suivre son périple sur Instagram : @siloe.elise

 

Pour info, voici les autres lieux où l’artiste posera son sac  :

1/ ST QUENTIN : Le Parc d’Isle au coeur de Saint-Quentin.
Le mardi 26 juillet 2022 à 15h – Thème : « Balisages »
2/ SERAUCOURT-LE-GRAND : Les étangs de pêcheurs : Le Domaine de l’Arc en ciel
Le vendredi 29 juillet 2022 à 14h – Thème : « Apats »
3/ LA FERE : Musée Jeanne d’Aboville via “Le chemin des écoliers”.
Le samedi 30 juillet 2022 à 16h15 – Thème : « Coiffes végétales »
4/ ST NICOLAS AUX BOIS : Forêt Nationale de ST GOBAIN, Abbaye de Saint-Nicolas-aux-Bois.
Le lundi 1 août 2022 à 11h – Thème : « Collections »
5/ LAON : Promenade de la Couloire Lavoir de Laon Ville Haute.
Le mercredi 3 août 2022 à 11 h – Thème : « Ville minérale – Ville végétale »
6/ LAON : Promenade de la Couloire Lavoir de Laon Ville Haute. L’AONTRAIDE ESPACE CULTUREL AUTOGÉRÉ
Le vendredi 5 août 2022 à 14h – Thème : « Le Bourdon du pèlerin »
7/ NEUVILLE-SUR-AILETTE – La Voie Verte
Le dimanche 7 août 2022 à 11h – Thème : « Onde de nature oscillatoire »
8/ BOUCONVILLE-VAUCLAIR : ABBAYE DE VAUCLAIR : Arboretum et jardin de
plantes médicinales.
Le mardi 9 août 2022 à 15h – Thème : « Panoplie médicinale »
9/ CORBENY détour via le Chemin des Dames : Tour observatoire du Chemin des Dames à CRAONNE.
Le jeudi 11 août 2022 à 11h – Thème : « Installation filaire »
10/ BERRY AU BAC : Les berges du canal à la Communauté Emmaüs Berry au bac.
Le samedi 13 août 2022 à 15h – Thème : « Amoncellement »

Nouvelle entrée dans les Collections !

A l’issue de l’exposition Confrontation/Inspirations, l’artiste laonnois Gabriel Martinet a offert une de ses natures mortes, inspirée par les peintures des collections du musée.

Tout à fait caractéristique du style de l’artiste, cette oeuvre contemporaine a fait son entrée dans les collections, l’équipe remercie l’artiste pour sa générosité à l’égard du musée.

Vous pouvez découvrir la production de Gabriel Martinet sur son site web et  dans son atelier, 60 Rue Châtelaine à Laon.