Départ en exposition : le Baroque nordique s’expose en Italie

La Fondazione Cassa dei Risparmi di Forlì, en collaboration avec la municipalité de Forlì (ville d’Emilie-Romagne au Nord de Florence et Saint Marin), va organiser l’exposition Barocco. Il gran teatro delle idee (Baroque, le Grand Théâtre des idées) qui se tiendra au musée de San Domenico de Forlì du 20 février au 28 juin 2026, avec la participation d’institutions prestigieuses telle la Galerie Nationale de Rome. En tout c’est 200 œuvres qui seront présentées dans cette exposition ambitieuse en dix sections.

L’oeuvre prêtée par le musée Jeanne d’Aboville de La Fère à l’occasion d e cet événement est la fameuse Vanité au crâne, tulipes et lampe à huile, de Coenraet Roepel (1678–1748), un peintre néerlandais spécialiste des natures-mortes conjuguant l’héritage du Siècle d’or et les apports du Baroque.

Vanité de Coenraet van Roepel

Elle va être remplacée aux cimaises du musée de La Fère lors de son absence par un paysage italianisant de Johannes van der Bent, dont une autre œuvre représentant une Bergère et son troupeau a été raccrochée récemment (janvier 2026) après son passage dans l’atelier du restaurateur Igor Kozak.

Départ en restauration : Saint Pierre en prière sort de sa réserve !

Une œuvre représentant l’apôtre Pierre en repentance a quitté les réserves du musée pour être restauré au sein des ateliers des restaurateurs Juliette Mertens et Igor Kozak. Présentant plusieurs accident sur sa couche picturale et des faiblesses au niveau de son support, cette oeuvre sera visible au musée au deuxième semestre  2026.

PHOTO FRANCK BOUCOURT

Attribué d’abord à Ferdinand Bol sur la foi d’une fausse signature, l’œuvre est aujourd’hui anonyme, même si on la sait produite en Flandre ou en Hollande au XVIIe siècle. On reconnait facilement Saint Pierre aux clefs qui pendent à sa ceinture.

La mort à Venise pour Karel Dujardin

Le 20 novembre 1678, le peintre Karel Dujardin mourait à Venise.
Artiste accompli du Siècle d’Or hollandais, il est principalement connu pour ses paysages italianisants, mais a également réalisé des portraits et des gravures. Il commence la peinture auprès de son père, Guilliam Du Gardin, puis devient probablement l’élève de Nicolaes Berchem. Il entame ensuite des années de voyage, l’Italie autour de 1646, Lyon entre 1648 et 1649, Paris, où il se marie en 1650 puis revient en 1651 à Amsterdam, sa ville natale. Ces voyages lui permettent de développer sa technicité et ses paysages évoluent vers des compositions équilibrées.
L’œuvre de Karel Dujardin conservée au musée Jeanne d’Aboville est vraisemblablement réalisée à la fin de sa carrière lors de son ultime voyage en Italie, entrepris en 1675. Karel Dujardin embarque à Amsterdam, longe les côtes atlantiques et méditerranéennes avant de rejoindre Rome en 1678. Il réinvente son style, les teintes sont plus sombres, les bruns dominent la campagne romaine rehaussée par quelques touches de couleurs vives notamment sur les personnages. Il meurt à l’apogée de son art après avoir atteint Venise.

Anniversaire et vanité…

Vanité de Coenraet van Roepel

Il y a 347 ans naissait Coenraet Roepel (La Haye, 1678 – 1748), un peintre spécialiste de natures mortes dont le musée possède une étonnante vanité. Spécialiste principalement des fleurs, il a aussi peint des vues de sous-bois.
Selon Jan van Gool (peintre et biographe d’autres artistes du Siècle d’or), il était un jardinier passionné, ce qui le poussa à devenir l’élève de Constantijn Netscher afin de pouvoir peindre les fleurs et autres plantes de son jardin.
La vanité au crâne et lampe à huile visible au musée sera présentée samedi 8 novembre dans la visite consacrée aux natures mortes des collections, rendez-vous à 14h30 !

 

Cycle autour de la nature-morte en partenariat avec la Micro Folie de Tergnier

Dans le cadre d’un partenariat avec la Micro Folie se trouvant dans la médiathèque L’oiseau Lire de Tergnier, le musée propose deux événements, dont un hors-les-murs, dans le cadre d’un cycle sur le genre de la Nature Morte :

-Samedi 8 novembre à 14h30 au musée Jeanne d’Aboville de La Fère :
Visite guidée thématique autour des natures mortes du musée
Durée environ 1h, Entrée 4€, réservation conseillée au 03 23 56 71 91
Les Collections de la Fère sont célèbres notamment par plusieurs de leurs natures mortes, notamment le fameux Panier de prunes de Pierre Dupuis, foudroyant de réalisme. On vous propose d’aller à la rencontre de ce genre, où les messages cachés se mêlent aux subtilités de composition…

 

-12 novembre à 18h15 à la Micro Folie de Tergnier, 1, place Lionel Lefèvre 02700 TERGNIER
Conférence Sénèque, sous-bois et crâne de singe : une vanité de Mathias Withoos décryptée
Par Mariel Hennequin, directeur du musée Jeanne d’Aboville
Durée environ 1h, Entrée gratuite, réservation conseillée au 03 23 37 25 26
Le musée Jeanne d’Aboville possède dans ses collections une des vanités les plus achevées de Mathias Withoos, un peintre du Siècle d’Or néerlandais célèbre pour ses peintures de sous-bois. D’une composition complexe, ce tableau sera explicité et replacé dans son contexte et il réserve quelques petites surprises soigneusement cachées par l’artiste…

 

Un autre événement aura lieu à la Micro Folie de Tergnier le Mercredi 5 novembre de 10h à 11h30 et de 14h à 15h30 en continu : présentation de quelques natures mortes du musée numérique (entrée gratuite)

C’est la rentrée pour l’école du village

l’école du village, Harmen HALS

 

C’est bientôt la rentrée, on vous propose d’observer ce tableau intitulé l’école du village !

Attribué à Harmen Hals (Haarlem, 1611 – 1669), cet artiste est le fils aîné de Frans Hals, qui lui dispense sa formation dans son atelier de Haarlem.

Harmen Hals a laissé une production majoritairement composée de tableaux représentant des scènes populaires, à l’image de cette petite école installé dans un bâtiment rustique. La gamme de couleurs ocres est typique de sa production et les visages mal dégrossis des personnages témoigne de l’influence de son père, célèbre pour ses tronies, représentant les expressions des personnages de manière caricaturale et exagérée.

On y voit l’école d’un village hollandais, typique du système de petites écoles qui se développe en Hollande septentrionale durant la période moderne. Les Pays-Bas ne possédaient aucun organisme central chargé d’administrer ou de contrôler l’enseignement, l’organisation des petites écoles, l’équivalent de nos écoles primaires et maternelles, était de l’initiative de particuliers ou d’associations privées, qui agissaient avec l’approbation municipale. L’école à la campagne est souvent installée dans une annexe de l’église, voire dans une grange un ou une étable, alors qu’en ville la population a accès à de véritables écoles avec des pupitres, des bancs, et du chauffage.

Le professeur placé au centre du tableau adopte une posture de découragement destiné à produire un effet comique. Dans les petites écoles de village, le maître a parfois plutôt fonction de simple surveillant. Des guildes de maîtres d’école se forment peu à peu au XVIIe siècle et exercent un contrôle sur le contenu des enseignements. Néanmoins beaucoup de parents se plaignent du faible niveau de ces maître d’école, un rapport de 1611 décrit des professeurs incapables de nommer correctement les lettres de l’alphabet ! Ce n’est qu’en 1665 qu’une ordonnance exigera des maîtres d’école une connaissance correcte de l’écriture et de la lecture. Malgré ses défauts, les petites écoles hollandaises vont permettre une large alphabétisation de la population, qui présente le meilleur taux d’Europe à cette époque, car les écoles hollandaises accueillent les garçons comme les filles.

Le garçon placé dans la lumière à gauche semble lire à voix haute. Le programme de l’enseignement de l’école se réduit a l’histoire sainte, la lecture l’écriture et au calcul. L’arithmétique élémentaire à cause de son importance commerciale fait l’objet d’un soin particulier de la plupart des maîtres. L’écriture et en savoir prestigieux et la calligraphie un véritable art esthétique. La renommée des maîtres hollandais en la matière dépassera les frontières du pays.

 

On souhaite une excellente rentrée à tous les élèves ainsi qu’à leurs professeurs ! Le service éducatif du musée les attend pour une sortie à La Fère pour découvrir tous les secrets de la peinture hollandaise !

Les Enfants de Dürer, dernières semaines pour découvrir l’exposition !

Il vous reste moins d’un mois pour découvrir l’exposition Les Enfants de Dürer, sélection de gravures contemporaines par l’Artothèque de l’Aisne ! En effet, l’exposition refermera ses portes le 21 septembre, lors du weekend des Journées Européennes du Patrimoine !
Cette exposition sera commentée par Pomme Legrand, présidente de l’Artothèque de l’Aisne, lors d’une visite guidée le samedi 6 septembre à 14h30.
L’artiste Titie Bergèse proposera également un atelier de gravure autour du rhinocéros de Dürer le 13 septembre de 14h à 17h, uniquement sur réservation, attention dernières places disponibles !

Une bergère est partie en voyage…

Photo Franck Boucourt

Départ en restauration pour ce tableau présentant une bergère et son troupeau du peintre Johannes van der Bent (Amsterdam, 1649/1651 – 1690). Reconnaissable par l’allure italianisante du paysage, cette œuvre se caractérise par ses couleurs chaudes.

A redécouvrir au musée en 2026 !