Journée internationale du Chien, zoom sur les canidés des Collections…

Animal familier par excellence avec le chat, il n’a pas le rôle ambivalent qu’on attribue souvent à celui-ci. Le chien apparaît avant tout comme un symbole de fidélité et de dévouement. Il matérialise souvent le lien fort qui peut lier l’Homme à l’animal dans une proximité plus immédiate que celle des animaux de bat ou les troupeaux.
Loin de se limiter aux chiens de berger, la collection présente une assez large variété de race canines, aux spécialisations marquées. Un grand tableau jouant sur un clair-obscur intense nommé la Querelle de chiens nous présente notamment un couple de molosses, se disputant de la viande tombée d’une table sous l’œil catastrophée d’une servante. Œuvre pour le moment anonyme, on l’a longtemps pensé de l’école hollandaise avant qu’on ne la suppose plutôt allemande, avec une datation proposée du XVIIe siècle. Présentant un profil musculeux et une mâchoire puissante, ces deux chiens qui se disputent la nourriture, préfigurent nos actuels pit-bulls. Présents dès l’Antiquité et très utilisés au Moyen-Age, les chiens de combats ont souvent été croisés avec des chiens de bergers pour obtenir des bouviers, répondant à la fois à la fonction pastorale et de garde, et pouvant défendre les troupeaux bovins.

La Querelle de chiens, anonyme allemand du XVIIe siècle, MJA 272

A l’opposé de ces chiens de travail, plutôt destinés au peuple, on trouve aussi des chiens d’agréments, symbole de confort paisible au sein du foyer bourgeois tel qu’il se développe principalement en Flandres et au Pays-Bas. On trouve également dans la collection des chiens dont le rôle de marqueur social est important : les lévriers. Figurant parmi les plus anciennes races connues (des évangiles apocryphes les mentionnent sur l’arche de Noé), leur profil n’a que peu évolué et est facilement identifiable. Chien destiné à la chasse, il est l’apanage des nobles, notamment dans les contrées vivant sous contrôle espagnol où il faut avoir des quartiers de noblesse pour en posséder. Figurant sur différents tableaux de la collection, on peut citer le tableau Allégorie du goût, production de l’atelier Breughel, où deux lévriers, au profil proche des actuels greyhound anglais, se tiennent entre la table du festin et le gibier issu de la chasse pour marquer leur fonction.

Allégorie du Goût, atelier de la famille Brueghel

Le sujet extrêmement riche de la représentation du chien s’inscrit dans la volonté de caractérisation de l’animal qu’on voit apparaître durant la Renaissance et qui va concerner en premier lieu les animaux auxquels les Humains prêtent le plus d’affection, voire de l’anthropomorphisme en leur attribuant des sentiments. Le premier portrait animalier en tant que tel connu dans l’Histoire de l’art a été peint en 1548 par le vénitien Jacopo Bassano : il représente les deux chiens de chasse d’un Comte, et ouvre la voie à un grand nombre d’autres portraits canins.

La Collection archéologique n’est pas en reste et livre le crane d’un  chien préhistorique en excellent état de conservation. Ce Canis lupus familiaris 
a été mis au jour à Vendeuil et témoigne de la familiarisation précoce du loup, premier animal à avoir été domestiqué par l’Homme, conduisant à l’apparition du Chien. Le chien est la seule espèce domestiquée au cours du Paléolithique. Le plus ancien chien découvert est le chien de l’Altai, un canidé domestique de Sibérie qui aurait vécu il y a 33 000 ans.

Crane de chien préhistorique

Détail du mois de juin : bouffon, thyrse et carreau de pavement…

Le détail du mois est exposé dans la nouvelle présentation des pièces archéologiques du musée et n’était pas exposé auparavant. Il provient d’éléments de pavements, qui ont été trouvés dans les remblais de l’ancien cimetière de la Collégiale Saint-Montain de La Fère.
Les pavements de carreaux décorés glaçurés sont une création typiquement médiévale qui s’est répandue de manière importante durant le XIIe siècle à la fois en France et en Angleterre. Ce carreau date pour sa part du XVe siècle.
Le personnage représenté évoque sans doute la figure d’un bouffon, avec un bonnet avec des oreilles animales factices et un thyrse, grand bâton évoquant un sceptre souvent orné de feuilles de lierre et surmonté d’une pomme de pin, qu’on fabriquait pour les fêtes populaires.
Pour découvrir l’ensemble de cette pièce, venez la découvrir au musée Jeanne d’Aboville dans la nouvelle présentation de la section archéologique !

Une application antique des gestes-barrières…

Notre salle d’archéologie comprend de nombreux petits trésors ! Le plus remarquable est évidemment le Crupellarius. Cette statuette en bronze du Ier siècle après J-C représente un gladiateur gaulois. Connu seulement via les textes de Tacite, sénateur et historien romain né en 58 et morts vers 120 après J-C, il n’en existe aucune autre représentation connue.
Ce texte concerne la révolte de Sacrovir, la dernière révolte gauloise au Ier siècle, « y ajoute des esclaves destinés à la gladiature qui selon la mode du pays, étaient entièrement bardés de fer, on les appelle « crupellaires »; malhabiles à porter des coups, ils sont à l’abri dans recevoir ».
Ce gladiateur est harnaché d’une armure en fer intégrale et d’un casque dans lequel se trouve juste des trous d’aérations. Cet ensemble est évidemment peu fonctionnel : le Crupellarius ne combat que très peu car à la moindre chute, il ne pouvait se relever, son armure étant beaucoup trop lourde.

Le crupellarius de Versigny lors de sa sortie de vitrine

Le crupellarius a été trouvé lors des fouilles du fanum, petit temple gallo-romain, de Versigny à la fin des années 70.

Pour ce nouveau défi, nous vous proposons de faire revivre une ambiance d’arène gallo-romaine et de mettre en scène un combat, avec des playmobil, des petits soldats, ou encore des lego…

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Fermeture de la section d’archéologie

La salle d’archéologie  est actuellement fermée au public car elle fait l’objet d’une refonte de sa muséographie.

A redécouvrir bientôt pour voir la présentation des objets rajeunie et de nouvelles pièces en provenance des réserves exposées pour la première fois !