Détail du mois de juin 2019 : un fossile d’ammonite

Le détail du mois de juin vous présente le fossile d’un animal aujourd’hui disparu mais qui a été présent dans les océans durant des millions d’années : l’ammonite. Il s’agit d’une espèce de mollusque céphalopode (qui a des tentacules reliés à sa tête) à la coquille enroulée, qui pouvait mesurer de quelques millimètres à deux mètres de diamètre.
Espèce très répandue dans les océans, le fossile ici présenté sert souvent de marqueur chronologique car il permet de dater aisément les couches de sol dans lesquelles il se trouve. Connus depuis l’Antiquité, les fossiles d’ammonites doivent leur nom au fait qu’ils évoquaient pour les hommes d’alors des cornes de béliers. Pline l’Ancien parle d’Ammonis cornua (corne d’Ammon) à leur propos parce que le dieu égyptien Ammon était généralement représenté portant des cornes de bélier.
Vous pouvez découvrir ce fossile dans son intégralité à l’occasion des Journées de l’Archéologie les 15 et 16 juin où il sera exposé avec d’autres pièces inédites des réserves ! On vous propose à cette occasion de suivre une conférence le dimanche 17 juin à 16h, animée par François Duchaussois, secrétaire de la Société Laonnoise et Axonaise de Paléontologie pour mieux connaitre les fossiles !

Détail du mois de mai 2019 : une lecture crépusculaire…

Le détail du mois est extrait d’un panneau nommé la Lecture. Il s’agit vraisemblablement d’un pastiche du genre d’Egbert van Heemskerk (Haarlem, 1634/1635 – Londres, 1704), réalisé par un peintre imitateur au XIXe siècle.
Une famille, rassemblée autour d’une unique bougie, écoute la lecture qui est faite, nous rappelant que les habitations étaient, jusqu’à l’arrivée de la lumière électrique, souvent très sombres. Les bougies étaient utilisées avec parcimonie à cause de leur coût et de l’enfumage qu’elles provoquaient. Beaucoup de maisons avaient jusqu’à la période contemporaine comme unique source de lumière après le coucher du soleil la lueur des flammes du foyer.
Ce tableau se caractérise donc par son fort clair-obscur, qui évoque les tableaux néerlandais de genre éclairés à la chandelle, appréciés pour leur effet de contraste. La lumière de la bougie prend souvent le sens de la présence divine, source d’espoir dans les ténèbres, ou son contraire, symbolisant la fugacité de la vie par sa flamme vacillante.
Ce tableau nocturne est une invitation à venir découvrir le musée à une heure crépusculaire, comme il sera possible de le faire pour la Nuit des Musées le 18 mai, l’entrée sera gratuite de 18h à 22h30 !

Détail du mois d’avril : les lapins de sainte Catherine

Ce détail provient d’un panneau intitulé le « Mariage mystique de sainte Catherine », peint par Girolamo da Santa Croce (Santacroce, 1480 – Venise 1556).

Peintre du XVIe siècle, Girolamo fut un élève de Giovanni Bellini par lequel il acquit la maitrise du style Renaissance. S’il travailla principalement dans et autour de Venise, on trouve également trace de son œuvre en Dalmatie, notamment un retable situé à l’église paroissiale de Blato (Croatie).

Le détail choisi ici est un couple de lapins. C’est un symbole plutôt ambivalent même s’il est courant de voir un lapin blanc représenté près de la Vierge, car c’est un des symboles de pureté mariale. La proximité d’un autre animal suggère la fécondité, le lapin étant très prolifique. Le lapin blanc est aussi considéré comme apte à se reproduire seul sans fornication, à l’image de la Vierge et personnifie la victoire de la pureté sur la passion.

La symbolique du lapin est néanmoins plus ancienne, il est par exemple un des emblèmes de Vénus, et on l’associe à la lascivité et la libération des instincts. On retrouve des lapins sur certaines représentations chrétiennes pour symboliser le combat des Saints contre la tentation charnelle.

De manière plus légère, le lapin est bien sûr un représentant de la fête de Pâques, et le musée vous convie à venir découvrir ces lapins et quelques autres lors de l’animation « Les lapins de Pâques envahissent le musée » pour remporter des chocolats le weekend du 20, 21 et 22 avril !

Détail du mois de mars 2019 : un portrait d’artiste…

Ce détail provient d’un très petit tableau, puisqu’il ne fait pas plus de 16 centimètres de haut. Il est l’œuvre d’un peintre français, peut-être Louis-Léopold Boilly (1761-1845) à qui le tableau fut attribué lors de son achat par la Comtesse qui a légué la collection à la Ville de La Fère.

On voit sur ce détail l’artiste avec sa palette et un couteau à peindre, cet outil était utilisé pour étaler la peinture épaisse sur la toile et travailler l’œuvre par empâtements.  Si la technique est surtout utilisée à partir du XIXe siècle, de grands maitres l’emploient tel Titien.

L’autoportrait et le portrait d’artiste ont toujours été présents dans l’Histoire de l’Art même si cette pratique prend vraiment son essor durant la Renaissance, ou peintres italiens et nordiques se mettent en scène dans les peintures qui leurs sont commandés. Ils prennent ensuite l’habitude de se représenter (entre autres) au travail : cette nouvelle façon de faire est symptomatique du nouveau statut de l’artiste, qui prend peu à peu une certaine indépendance vis-à-vis de ses commanditaires.

Une œuvre à découvrir, et à croquer, lors de la nouvelle édition de Devenez Dessin’Acteur à partir du 10 mars !

Détail du mois de février 2019 : Amazones de Claude Deruet

Ce détail provient d’un tableau français représentant une attaque d’Amazones contre des soldats grecs, réalisé par Claude Deruet, peintre français du Maniérisme tardif. « Bien en Cour », Déruet est anobli en 1621 par Louis XIII. Le succès commercial de sa peinture et les privilèges donnés par le Roi lui permettent d’acquérir une luxueuse résidence à Nancy où Louis XIII et la reine ont séjourné en 1633.
Claude Déruet apprécia tout particulièrement le thème des femmes guerrières, très fréquent alors dans la littérature romanesque et théâtrale où les auteurs déclinent avec fantaisie l’héroïne téméraire et la cavalière hardie en s’inspirant des textes antiques. Dans ce détail représentant une amazone casquée et armée s’élançant à l’attaque sur son cheval, on voit l’influence italienne par la multiplication des variations décoratives. L’apport florentin est visible dans la fantaisie colorée du costume.
Une œuvre à découvrir dans son ensemble durant l’une des visites consacrées aux femmes dans la peinture au musée Jeanne d’Aboville à l’occasion de la Journée Internationale des droits des Femmes les 8, 9 et 10 mars !
Cette peinture est extraite d’une suite de quatre toiles, dont deux sont propriétés du musée Jeanne d’Aboville. Les deux autres, le Départ et le Triomphe, sont au Metropolitan Museum of Art de New York.

Fermeture de fin d’année et calendrier de l’Avent…

La fin d’année approche et le musée sera fermé du 24 décembre 2018 au 1er janvier 2019 pour que l’équipe prenne quelques repos avant le redémarrage sur des chapeaux de roue de la saison 2019 avec l’exposition-dossier consacrée à la restauration d’Orphée.

Détail de “Orphée charmant les animaux”

Vous pouvez retrouver également sur les réseaux sociaux du musée un calendrier de l’Avent qui dévoile un tableau de la collection, ainsi qu’un petit jeu concours !

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Détail du mois de novembre : Mariage Mystique de sainte Catherine de Biagio Pupini

Le détail du mois de novembre provient du Mariage Mystique de sainte Catherine de Biagio Pupini, dit Biagio delle Lame, un peintre actif à Bologne vraisemblablement entre 1511 et 1575.

Le détail choisi sur le tableau se focalise sur le visage de sainte Catherine d’Alexandrie, au moment de son mariage mystique avec le Christ, puisque Catherine a déclaré qu’elle lui était destinée. Il s’agit d’une élévation spirituelle, qui atteint une forme d’union avec le Christ assimilable à un mariage. Celui-ci est symbolisé par l’anneau que la main de Jésus lui présente. Catherine était issue d’une famille noble de la ville d’Alexandrie, comme en témoigne sa parure de perle fines ici présentée. Elle fut condamnée à mort par l’Empereur Maxence car elle refusait de l’épouser, fidèle à sa foi. Le profil très pur et la finesse des mains témoignent de la beauté de la jeune femme telle que la décrive les hagiographes.

Pour découvrir l’ensemble de l’œuvre, peut-être à l‘occasion de sa fête le dimanche 25 novembre, venez la voir au musée Jeanne d’Aboville !

Détail du mois d’octobre 2018 : Femme blonde, anonyme romain du XVIIe siècle

Femme blonde, Anonyme romain du XVIIe siècle

Le détail du mois d’octobre provient d’un portrait de femme blonde, réalisé par un peintre romain de la fin du XVIIe siècle. Ce portait et son pendant représentant une autre femme, brune cette fois, sont tous deux en restauration et nous espérons leur retour dans les semaines qui viennent. En effet, le détail choisi vous montre le visage pour le moment barré d’un mastic. Il s’agit du comblement d’une absence de peinture par le restaurateur, en vue de refaire des retouches parfaitement intégrées à l’ensemble, pour que le tableau paraisse comme neuf. On voit également apparaître des zones ocres orangées, rendues visibles par le nettoyage des vernis. Cette couleur est celle de la couche de préparation réalisée avant d’appliquer la peinture et qui se laisse deviner avec l’usure. La restauration va vous permettre de mieux apprécier ce portrait de femme romaine sur laquelle nous avons peu d’informations. Peut-être s’agissait-il d’une des grandes courtisanes, expertes en arts et souvent amies des peintres et des puissants, qui fréquentaient la ville éternelle… Pour découvrir l’ensemble de l’œuvre, guettez nos news pour venir la voir à son retour de restauration au musée Jeanne d’Aboville !

Crédit de la photographie : Florence Adam, 2018