Détail du mois d’août : une Vierge de lait

Le détail du mois d’août vous présente une peinture sur bois du XVIe siècle d’un artiste anonyme sous l’influence du peintre flamand Hans Memling dont l’école fut active à Bruges dans la deuxième moitié du XVe siècle.

D’une facture nordique appuyée, mais néanmoins influencée par la manière italienne, on y voit ce qui est appelé une Vierge de Lait, c’est-à-dire la Vierge Marie présentant son sein à Jésus. L’anatomie étrange de Jésus est liée au fait qu’il y a pour les artistes de cette époque un dilemme car il est difficile de tendre à une représentation naturaliste d’un enfant quand celui-ci est l’incarnation divine : on a alors tendance à mêler des éléments de corps adultes et enfantins qui forment un ensemble composite. La Vierge présente une expression figée et presque déçue : c’est la manière de l’artiste pour suggérer la prescience de la Vierge, qui connait déjà par certains signes le destin de son fils.

Cette peinture provient des réserves du musée et vous sera dévoilée de manière exclusive à l’occasion de la visite guidée spéciale du 15 août, pour cela, rendez-vous à 14h ou 15h30 au musée pour partir à la découverte des représentations de la Vierge dans les Collections !

Détail du mois de juillet : un choc de cavalerie

Le détail du mois de juillet vous présente un choc de cavalerie, tout à fait typique de la peinture hollandaise du XVIIe siècle.
On a longtemps cru que cette toile était l’œuvre Palamede Palamedesz. I, un des plus célèbres peintres hollandais spécialisé dans le genre des scènes militaires, mais des différences stylistiques fortes ont conduit récemment à le réattribuer à Jan Jacobsz. van der Stoffe, un des principaux peintres hollandais de bataille du milieu du XVIIe siècle. Stoffe naît à Leyde vers 1610 ou 1611 et meurt dans cette même ville en 1682. Ses premiers tableaux connus sont datés de 1635. On reconnait son type de composition aux grandes diagonales qui parcourent la toile et la présence d’une rivière comme point de fuite.
Ce type de peinture est souvent l’occasion pour le peintre de créer un effet spectaculaire par l’enchevêtrement des corps qui traduit le chaos de l’assaut. Le détail vous présente des cavaliers, armes à la main, poursuivants des combattants à pieds qui cherchent à se réfugier près de la rivière.
Cette toile inédite, issue des réserves du musée, est dans un état de conservation médiocre : elle est actuellement observée par des restaurateurs pour envisager une future remise en état de présentation en 2020, pour que vous puissiez venir l’admirer au musée Jeanne d’Aboville !

Détail du mois de juin 2019 : un fossile d’ammonite

Le détail du mois de juin vous présente le fossile d’un animal aujourd’hui disparu mais qui a été présent dans les océans durant des millions d’années : l’ammonite. Il s’agit d’une espèce de mollusque céphalopode (qui a des tentacules reliés à sa tête) à la coquille enroulée, qui pouvait mesurer de quelques millimètres à deux mètres de diamètre.
Espèce très répandue dans les océans, le fossile ici présenté sert souvent de marqueur chronologique car il permet de dater aisément les couches de sol dans lesquelles il se trouve. Connus depuis l’Antiquité, les fossiles d’ammonites doivent leur nom au fait qu’ils évoquaient pour les hommes d’alors des cornes de béliers. Pline l’Ancien parle d’Ammonis cornua (corne d’Ammon) à leur propos parce que le dieu égyptien Ammon était généralement représenté portant des cornes de bélier.
Vous pouvez découvrir ce fossile dans son intégralité à l’occasion des Journées de l’Archéologie les 15 et 16 juin où il sera exposé avec d’autres pièces inédites des réserves ! On vous propose à cette occasion de suivre une conférence le dimanche 17 juin à 16h, animée par François Duchaussois, secrétaire de la Société Laonnoise et Axonaise de Paléontologie pour mieux connaitre les fossiles !

Détail du mois de mai 2019 : une lecture crépusculaire…

Le détail du mois est extrait d’un panneau nommé la Lecture. Il s’agit vraisemblablement d’un pastiche du genre d’Egbert van Heemskerk (Haarlem, 1634/1635 – Londres, 1704), réalisé par un peintre imitateur au XIXe siècle.
Une famille, rassemblée autour d’une unique bougie, écoute la lecture qui est faite, nous rappelant que les habitations étaient, jusqu’à l’arrivée de la lumière électrique, souvent très sombres. Les bougies étaient utilisées avec parcimonie à cause de leur coût et de l’enfumage qu’elles provoquaient. Beaucoup de maisons avaient jusqu’à la période contemporaine comme unique source de lumière après le coucher du soleil la lueur des flammes du foyer.
Ce tableau se caractérise donc par son fort clair-obscur, qui évoque les tableaux néerlandais de genre éclairés à la chandelle, appréciés pour leur effet de contraste. La lumière de la bougie prend souvent le sens de la présence divine, source d’espoir dans les ténèbres, ou son contraire, symbolisant la fugacité de la vie par sa flamme vacillante.
Ce tableau nocturne est une invitation à venir découvrir le musée à une heure crépusculaire, comme il sera possible de le faire pour la Nuit des Musées le 18 mai, l’entrée sera gratuite de 18h à 22h30 !

Détail du mois d’avril : les lapins de sainte Catherine

Ce détail provient d’un panneau intitulé le « Mariage mystique de sainte Catherine », peint par Girolamo da Santa Croce (Santacroce, 1480 – Venise 1556).

Peintre du XVIe siècle, Girolamo fut un élève de Giovanni Bellini par lequel il acquit la maitrise du style Renaissance. S’il travailla principalement dans et autour de Venise, on trouve également trace de son œuvre en Dalmatie, notamment un retable situé à l’église paroissiale de Blato (Croatie).

Le détail choisi ici est un couple de lapins. C’est un symbole plutôt ambivalent même s’il est courant de voir un lapin blanc représenté près de la Vierge, car c’est un des symboles de pureté mariale. La proximité d’un autre animal suggère la fécondité, le lapin étant très prolifique. Le lapin blanc est aussi considéré comme apte à se reproduire seul sans fornication, à l’image de la Vierge et personnifie la victoire de la pureté sur la passion.

La symbolique du lapin est néanmoins plus ancienne, il est par exemple un des emblèmes de Vénus, et on l’associe à la lascivité et la libération des instincts. On retrouve des lapins sur certaines représentations chrétiennes pour symboliser le combat des Saints contre la tentation charnelle.

De manière plus légère, le lapin est bien sûr un représentant de la fête de Pâques, et le musée vous convie à venir découvrir ces lapins et quelques autres lors de l’animation « Les lapins de Pâques envahissent le musée » pour remporter des chocolats le weekend du 20, 21 et 22 avril !

Détail du mois de mars 2019 : un portrait d’artiste…

Ce détail provient d’un très petit tableau, puisqu’il ne fait pas plus de 16 centimètres de haut. Il est l’œuvre d’un peintre français, peut-être Louis-Léopold Boilly (1761-1845) à qui le tableau fut attribué lors de son achat par la Comtesse qui a légué la collection à la Ville de La Fère.

On voit sur ce détail l’artiste avec sa palette et un couteau à peindre, cet outil était utilisé pour étaler la peinture épaisse sur la toile et travailler l’œuvre par empâtements.  Si la technique est surtout utilisée à partir du XIXe siècle, de grands maitres l’emploient tel Titien.

L’autoportrait et le portrait d’artiste ont toujours été présents dans l’Histoire de l’Art même si cette pratique prend vraiment son essor durant la Renaissance, ou peintres italiens et nordiques se mettent en scène dans les peintures qui leurs sont commandés. Ils prennent ensuite l’habitude de se représenter (entre autres) au travail : cette nouvelle façon de faire est symptomatique du nouveau statut de l’artiste, qui prend peu à peu une certaine indépendance vis-à-vis de ses commanditaires.

Une œuvre à découvrir, et à croquer, lors de la nouvelle édition de Devenez Dessin’Acteur à partir du 10 mars !

Détail du mois de février 2019 : Amazones de Claude Deruet

Ce détail provient d’un tableau français représentant une attaque d’Amazones contre des soldats grecs, réalisé par Claude Deruet, peintre français du Maniérisme tardif. « Bien en Cour », Déruet est anobli en 1621 par Louis XIII. Le succès commercial de sa peinture et les privilèges donnés par le Roi lui permettent d’acquérir une luxueuse résidence à Nancy où Louis XIII et la reine ont séjourné en 1633.
Claude Déruet apprécia tout particulièrement le thème des femmes guerrières, très fréquent alors dans la littérature romanesque et théâtrale où les auteurs déclinent avec fantaisie l’héroïne téméraire et la cavalière hardie en s’inspirant des textes antiques. Dans ce détail représentant une amazone casquée et armée s’élançant à l’attaque sur son cheval, on voit l’influence italienne par la multiplication des variations décoratives. L’apport florentin est visible dans la fantaisie colorée du costume.
Une œuvre à découvrir dans son ensemble durant l’une des visites consacrées aux femmes dans la peinture au musée Jeanne d’Aboville à l’occasion de la Journée Internationale des droits des Femmes les 8, 9 et 10 mars !
Cette peinture est extraite d’une suite de quatre toiles, dont deux sont propriétés du musée Jeanne d’Aboville. Les deux autres, le Départ et le Triomphe, sont au Metropolitan Museum of Art de New York.

Le détail du mois de janvier : le casque du Crupellarius !

Le détail du mois de janvier, vous présente un détail de la statuette de crupellarius (gladiateur celtique) que possède le musée dans sa section d’archéologie. Le crupellarius est une représentation unique d’un gladiateur combattant « à la gauloise », protégé par une lourde armure.

Le détail vous présente la tête de ce combattant, entièrement prise dans un casque cylindrique avec des trous d’aération. Son champ de vision semble très limité, le faisant entrer dans la catégorie des andabatae (type de gladiateur qui combat sans rien voir), connus par des textes d’époque républicaine.

On voit également le haut de ses épaules, protégées par des lames de métal superposées, qui renvoient à la structure de la cuirasse articulée employée par les légionnaires romains, la lorica.

Pour découvrir l’ensemble de l’œuvre, il faudra vous rendre au Louvre-Lens, où le crupellarius est présenté dans l’exposition « les Matières du Temps » jusqu’au 20 mai 2019 !

Détail du mois de décembre 2018

Ce détail provient de la fuite en Egypte, dont l’auteur ne nous est pas connu mais qu’il faut placer dans l’entourage de Henri Blès à la fin du XVe siècle dans la région d’Anvers.

C’est alors un moment de transition, entre les innovations de Breughel l’Ancien et les Maniéristes, en particulier dans le style naissant du paysage. Les figures sont traitées rapidement, de manière parfois presque naïves, pour se concentrer davantage sur les effets de paysage. C’est visible ici avec le visage esquissé du Jésus dans les bras de Marie, représentée durant la fuite en Egypte. Ce thème fut souvent repris par Henri Blès, ensuite copié par les suiveurs avec une iconographie stéréotypée.

La Fuite en Egypte est un épisode évoqué dans l’évangile selon Matthieu :  le roi Hérode Ier envoya tuer tous les enfants de moins de deux ans qui se trouvaient dans la ville de Bethléem. Joseph, prévenu par un songe, s’enfuit avec l’enfant Jésus et sa mère en Égypte, où ils restèrent jusqu’à la mort d’Hérode.

Pour découvrir l’ensemble de l’œuvre, venez la voir au musée Jeanne d’Aboville à partir du 2 janvier 2019 !

Fermeture de fin d’année et calendrier de l’Avent…

La fin d’année approche et le musée sera fermé du 24 décembre 2018 au 1er janvier 2019 pour que l’équipe prenne quelques repos avant le redémarrage sur des chapeaux de roue de la saison 2019 avec l’exposition-dossier consacrée à la restauration d’Orphée.

Détail de “Orphée charmant les animaux”

Vous pouvez retrouver également sur les réseaux sociaux du musée un calendrier de l’Avent qui dévoile un tableau de la collection, ainsi qu’un petit jeu concours !

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