Recherche scientifique en cours au musée

Une équipe de spécialistes de l’imagerie est intervenue au musée Jeanne d’Aboville le 8 janvier pour photographier le tableau « Mors Omnia Vincit », du peintre hollandais Mathias Withoos (1627-1703).

Cette œuvre va être au cœur de l’actualité du musée fin 2021 :

– Elle sera une pièce maîtresse de l’exposition ANDERLICHT OP WITHOOS, au museum Flehite d’Amersfoort, ville de naissance de Mathias Withoos, qui va retracer la vie et l’œuvre de l’artiste du  12 décembre 2021 au 8 mai 2022.

– Elle va faire l’objet d’un article qui paraîtra sans doute en décembre 2021, coécrit par Mariel Hennequin, guide du musée et Albert Boersma, historien de l’art spécialiste des peintres néerlandais et régisseur de l’exposition d’Amersfoort.

– Une conférence, en novembre ou début décembre 2021 autour des enseignements tirés des photos infrarouges et d’investigations sur l’iconographie rendra compte au public des dernières recherches.

L’intervention sur le tableau avait deux objectifs principaux :

– Examiner le repeint sous la statue de Sénèque, figure centrale du tableau : l’artiste semble avoir changé d’idée en cours de route et il faut comprendre qu’elle était sa première idée pour suivre son cheminement artistique et symbolique.

– La date indiquée par le peintre à côté de sa signature est en partie illisible, et l’imagerie multispectrale pourra peut-être permettre de connaitre la date indiquée.

L’équipe du musée remercie la société Artéka qui est intervenue, notamment Cyrille Chaidron, archéologue et Sébastien Lermenier, spécialiste de l’imagerie.  Ils utilisent le système Arkéotéka, qui permet par l’imagerie multispectrale de révéler des informations invisibles à l’œil nu sur la composition des œuvres et leur état sanitaire.

On garde le contact malgré tout !

La ligne téléphonique du musée rencontre de petits soucis mais l’équipe est toujours là pour vous répondre néanmoins, privilégiez les emails ou les messages privés pour nous joindre !

Départ en restauration groupé !

Au musée Jeanne d’Aboville, on est en déjà en 2021 ! En effet, le musée prend de l’avance en démarrant dès lundi son programme de restauration de l’année prochaine. Le restaurateur de tableaux Igor Kozak est venu au musée chercher quatre peintures choisies pour être restaurées cette année.

La campagne 2021 va viser à la remise en état de présentation de deux tableaux déjà exposés, et trois provenant des réserves, qui pourront à terme faire varier le contenu de l’exposition permanente.

Le restaurateur Igor Kozak applique des papiers japon pour protéger des parties fragilisées de la peinture pour le transport.

Des natures mortes à réanimer

Nature morte au lièvre, huile sur toile, 97 x 129cm, entourage de Snyders
Nature morte aux venaisons, huile sur toile, 95x120cm, Suiveur de Fyt

Les deux tableaux déjà présentés au musée sont deux natures mortes de venaison, c’est-à-dire présentant des produits de la chasse :
– Le premier de format vertical, est une œuvre à placer dans l’entourage du peintre flamand Frans Snyders (1579 – 1657). Très assombri, ce tableau spectaculaire a besoin de récupérer de la visibilité. Avec une restauration, il pourra être mieux étudié et son attribution pourra être revue par des spécialistes.

– Le deuxième, est à situer dans l’entourage Jan Fyt (1611-1661), apprenti du peintre précédent. Présentant des soulèvements, ce tableau est considéré en péril par les restaurateurs. Un gros travail de re-fixation de la couche picturale va être effectué par le restaurateur Igor Kozak.
Ces tableaux font l’objet d’une prise en charge rapide car l’équipe espère les voir revenir assez tôt dans l’année 2021 pour qu’ils participent à un événement sur lequel le musée communiquera bientôt…

Des inédits des réserves

Marche des animaux, huile sur toile, 70 x 85cm, Michiel Carrée
Combat de cavalerie, huile sur toile, 75 x 106cm, Jan Jabosz van der Stoffe

Les deux autres tableaux confiés au soin du restaurateur proviennent des réserves :
– Le premier intitulé La Marche des animaux est une œuvre du peintre
Michiel Carrée (1657-1627), peintre hollandais qui travailla à Amsterdam, en Angleterre pour finir peintre du Roi de Prusse. L’attribution a été confirmée par l’historienne Eléonore Dérisson qui a travaillé sur la partie hollandaise de la collection. Ce tableau présente donc une composition typique des œuvres rapides et animées du début de la carrière de Michiel Carrée : les vernis très oxydés masquent une palette de couleurs acidulée qui sera à découvrir après restauration.

– Le second est une scène très dynamique, un combat de cavalerie, œuvre de Jan Jabosz van der Stoffe (1611-1682), un des principaux peintres hollandais de bataille du milieu du XVIIe siècle. Présentant des manques et des enfoncements, cette toile inédite va être remise en état de présentation pour que le public puisse la découvrir avant fin 2021.

 

Il y a 342 ans nous quittait Karel Dujardin…

Ce paysage est peint par Karel Dujardin. 

Artiste accompli du Siècle d’Or hollandais, il est principalement connu pour ses paysages italianisants, mais a également réalisé des portraits, des bambochades, des scènes historiques et des gravures. Il commence la peinture auprès de son père, Guilliam Du Gardin, puis devient probablement l’élève de Nicolaes Berchem. Il entame ensuite des années de voyage, l’Italie autour de 1646, Lyon entre 1648 et 1649, Paris, où il se marie en 1650 puis revient en 1651, dans sa ville natale, à Amsterdam. Ces voyages lui permettent de développer sa technicité et son œil : ses paysages maladroits deviennent plus équilibrés et minutieux, néanmoins ses personnages sont parfois assez flous. Il côtoie également Paulus Potter dont c’est l’anniversaire aujourd’hui ! Sa technique se retrouve grandement dans les œuvres de Dujardin : la chaleur représentée avec des couleurs brillantes et de nombreux contrastes d’ombre et de lumière. Notre œuvre est quant à elle vraisemblablement réalisée à la fin de sa carrière suite à son dernier voyage en Italie entrepris en 1675. Karel Dujardin embarque à Amsterdam, longe les côtes atlantiques et méditerranéenne avant de rejoindre Rome en 1678. Il réinvente son style, les teintes sont plus sombres, les bruns dominent la campagne romaine rehaussée par quelques touches de couleurs vives notamment sur les personnages. Il meurt à l’apogée de son art à Venise, le 20 novembre 1678.

342 ans et pas un pétale de perdu !

Aujourd’hui, nous célébrons les 342 ans de Coenraet Roepel !

D’abord destiné à la peinture de portraits, sa santé délicate le poussa à s’installer à la campagne. Il tomba alors amoureux de la nature et plus particulièrement des fleurs qui deviendront son domaine de prédilection! Admirons ces tulipes Rembrandt dont un phytovirus (virus de plantes) crée leurs panachures.

Retrouvez l’histoire de la tulipe dans cet article !

Détail du mois de novembre : un joueur de vielle un peu louche…

Le détail du mois de novembre vous présente un musicien visible sur une scène d’auberge, conservé dans les réserves du musée. On ignore l’auteur de ce tableau même si on sait qu’il s’est inspiré de Jacques Callot pour ce personnage.

Jacques Callot (1592-1635), est un dessinateur et graveur lorrain surtout connu un maître de l’eau-forte, un procédé de gravure en taille douce. Ici l’artiste anonyme s’est inspiré de sa série « les Gueux » constituée de vingt-cinq estampes réalisées en 1623, qui représentent des mendiants d’Italie, dans diverses situations pour illustrer les malheurs de la condition humaine. Il s’agit plus précisément d’une copie de la deuxième estampe de la série, représentant un joueur de vielle.

Ce personnage archétypal symbolise les musiciens de rue, tout spécialement les « vielleux », les joueurs de vielle à roue. La vielle à roue apparaît au Moyen-Âge : d’abord instrument de cour, la vielle fut détrônée par le piano-forte et son usage fut alors plutôt réservé à la musique populaire. Il symbolise la frange la plus pauvre de la population des villes de la période moderne, souvent considérée comme marginale. Le joueur de ville devient dans l’imaginaire collectif un mendiant aveugle dont le seul bien est sa vielle, qui lui permet de subsister.

Vous ne pourrez pas découvrir cette œuvre au musée au mois de novembre mais elle sera visible lors d’un événement en 2021, patience ! Passez un beau mois de novembre.

Fermeture du musée au public jusqu’au 2 décembre

Chers visiteurs,

Le musée a fermé ses portes ce jour pour respecter les mesures prises dans le cadre du confinement visant à limiter la propagation du COVID.

Il ne rouvrira au plus tôt que le 2 décembre 2020. Nous vous encourageons à suivre le musée sur les réseaux sociaux pour être tenus au courant de son actualité et découvrir les secrets de l’exposition la Peinture dévisagée ! 

La première visite de l’exposition, prévue le 28 novembre, est malheureusement annulée.

L’équipe du musée adresse ses pensées aux personnes touchées par le coronavirus et salue le travail des soignants et de ceux se trouvant en première ligne face à l’épidémie.

Prenez soin de vous !

La peinture dévisagée, la visite de l’exposition !

L’équipe du musée vous propose de partir à la rencontre de l’exposition la Peinture dévisagée qui revient sur les portraits de la Collection avec plusieurs peintures inédites, puisées dans les réserves.

Les guides, durant cette visite d’une trentaine de minutes, vous feront parcourir l’exposition via les portraits présentés, pour saisir les enjeux du portrait classique et ses mutations. En bonus, si les conditions de conservation le permettent, cette visite sera l’occasion de la présentation exclusive d’un autre inédit des réserves.

 

Infos pratiques :

Ces visites auront lieu les 28 novembre, 19 décembre 2020, 9 et 30 janvier 2021 prochains à 15h. La réservation pour y participer est obligatoire, car le nombre de place est limité.

Entrée : 4€

Port du masque obligatoire durant toute la durée de la visite.

Bonne fête aux Jérôme !

En ce 30 septembre, on souhaite bonne fête à tous les Jérôme ! C’est l’occasion de revenir sur un tableau important de la section française représentant Saint Jérôme méditant sur un crâne.

Saint Jérôme, également connu sous le nom de Jérôme de Stridon, est né vers 347 à Stridon, à la frontière de la Dalmatie, du côté de l’actuelle Croatie. Il meurt en 420 à Bethléem. Il fut moine, traducteur de la Bible, docteur de l’Église et l’un des quatre Pères de l’Église d’Occident.

Jérôme se convertit vers l’âge de 18 ans à la suite d’un rêve mystérieux et part pour la Terre sainte en 373. Il vit en ermite dans le désert à l’est d’Antioche, pour être ensuite ordonné prêtre. Le pape Damase Ier le choisit comme secrétaire et lui demande de traduire la Bible en latin. La marque de confiance que le pape lui avait accordée à cette occasion explique que l’iconographie le représente en cardinal, bien que cette fonction n’existe pas encore à cette époque.

Il meurt en 420 et ses restes sont d’abord enterrés à Jérusalem puis auraient été transférés à la basilique Sainte-Marie-Majeure, l’une des grandes basiliques de Rome.

Les représentations de Jérôme de Stridon ont très vite été présentes dans l’art occidental dès le début du Moyen Âge. On l’identifie sur l’œuvre de Vien à son manteau pourpre qui renvoie à l’habit des cardinaux. Il est représenté traditionnellement en vieillard retiré au désert alors qu’il avait entre 25 et 30 ans à cette période. Le crâne symbolise la réflexion sur la vanité des biens terrestres, en opposition à sa volonté de se concentrer sur une vie spirituelle.

Cette peinture relativement sévère s’inscrit dans une période plutôt classicisante pour le peintre, qui fut un précurseur du Néoclassicisme. Joseph-Marie Vien, né à Montpellier en 1716, est un peintre, dessinateur et graveur français. Monté à Paris en 1740, il fut, dès lors, élève de l’Académie royale. En 1743, il remporte le prix de Rome et part pour la Ville éternelle. Il découvre lors de son séjour les peintures dégagées des ruines d’Herculanum, et se passionne dès lors pour l’art antique. Après son retour d’Italie, son style devient plus sévère, mais n’est pas apprécié du public habitué à la peinture libertine de Boucher.

Il fonda une école où il forma de nombreux élèves, dont Jacques-Louis David, qui allait vraiment créer et théoriser le mouvement de retour vers l’Antiquité.

Vien meurt en 1809, Napoléon lui fait l’honneur de funérailles nationales au Panthéon, où il est le seul artiste peintre à reposer.

Détail du mois de septembre : un fameux portrait

Le détail du mois de septembre célèbre sans surprise le Portrait de famille néerlandaise récemment revenu de restauration et présenté à partir de ce mois-ci dans l’exposition « la Peinture dévisagée », consacrée à l’art du Portrait au sein des Collections du musée.
Œuvre d’un peintre anonyme du milieu du XVIIe siècle, ce tableau présente une famille élargie, dont les plus jeunes membres, incarnant l’avenir et la suite de la dynastie familiale, sont placés avantageusement au premier plan. L’un des plus jeunes garçons jette un regard hardi vers le spectateur. Tenant un verre à la main, il illustre le fait que la famille est représentée selon le modèle de la « tablée » : les personnes sont réunies autour d’une table pour un moment de convivialité que le peintre semble interrompre.
L’imposante aiguière de faïence bleue et blanche qui se trouve derrière le jeune homme est un témoignage de l’importance prise par l’industrie de la céramique au Pays-Bas, qui rayonne sur toute l’Europe grâce à la faïence de Delft, à partir du XVIIe siècle. Le bleu de Delft devient célèbre grâce à la finesse des pièces, à la qualité de leur émaillage, et leurs décors peints imitant le style chinois.
Pour découvrir l’ensemble de l’œuvre, venez au musée Jeanne d’Aboville découvrir la nouvelle exposition à partir du 19 septembre ! L’entrée est gratuite pour le week-end d’ouverture dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, vous pourrez y découvrir l’exposition accompagnée d’animations spéciales à cette occasion !