La tulipe, histoire et symbolique d’une fleur précieuse…

Originaire d’Iran, la tulipe se répand au cours du XVe siècle en Turquie. Elle doit son nom au perse tulipan qui signifie turban, car les riches sultans avaient pour habitude d’orner fièrement leur turban de cette fleur particulièrement belle.

La création en 1593 de l’Académie d’Horticulture à l’Université de Leyde, aux Pays-Bas, voit les prémices de sa culture grâce au botaniste Charles de l’Ecluse. Il acquiert les premiers bulbes auprès de l’ambassadeur de Ferdinand Ier (Empereur du Saint Empire), Ogier de Busbecq qui œuvra chez le sultan ottoman Soliman le Magnifique, une trentaine d’années auparavant.
Rapidement un engouement se crée autour cette fleur, de nombreux vols sont commis, notamment au Jardin Botanique de Leyde, et de nombreuses variétés sont créées. La convoitise est tellement forte que les bulbes deviennent des objets de spéculations c’est-à-dire que des fleurs sont vendues alors qu’elles n’ont même pas encore été plantées !
La tulipe cassée est la plus prisée. Ses couleurs vives et marbrées sont dues à  un potyvirus (un virus touchant les plantes à fleurs). En février 1637 son prix atteint plus de 6500 florins, ce qui équivaut pour l’époque au coût de deux maisons, au salaire annuel de quarante trois ouvriers spécialisés, à soixante cinq tonne de beurre ou à deux cent seize porcs gras…
Ce même mois, la demande est tellement forte que le cours s’effondre. Le premier krach boursier se produit à cause de bulbes de tulipes !
Souvent représentées dans les Natures Mortes et Vanités, la tulipe symbolise à juste titre la richesse, mais également la luxure, la puissance, l’orgueil humain et la chute notamment après son effondrement.

Vanité de Coenraet van Roepel

En bouquet, elle est aussi signe du Temps qui passe et du cycle de la Vie, avec des fleurs naissantes, qui s’épanouissent et qui fanent.

Approchant de sa période de floraison ultime, nous vous proposons de nous photographier et/ou dessiner, les tulipes de votre jardin ou balcon ou imagination afin de fleurir et mettre de la couleur sur nos réseaux !


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Détail du mois d’octobre 2019 : des mains et un crâne…

Le détail du mois provient d’un tableau tout juste revenu au musée, après un prêt à la Préfecture de l’Aisne dans le cadre des Journées du Patrimoine. Il s’agit de Saint Jérôme méditant sur un crane de Joseph Marie Vien. Précurseur du néoclassicisme, Vien est un passionné de peinture antique suite à sa visite d’Herculanum, nouvellement découverte. Sous cette influence il arbore dans sa peinture un style sévère, d’abord peu apprécié mais Boucher, qui reconnait ses mérites, le fait entrer à l’Académie de peinture. À sa mort en 1809, Napoléon lui fait l’honneur de funérailles nationales au Panthéon, où il est le seul artiste peintre à reposer.

Sur ce détail on peut apercevoir les mains de Jérôme de Stridon, un moine mystique considéré comme l’un des Pères de l’Église. Il tient un crane symbolisant la mort et la précarité de l’existence, commune à tout humain. Ce tableau reprend les principes des Vanités nordiques en confrontant l’humain à sa destinée prochaine et témoigne de l’approche austère de la religion qui est adoptée par une frange de la population de l’époque, en opposition aux Libertins.

Pour découvrir l’ensemble de l’œuvre, venez la voir au musée Jeanne d’Aboville !