Un inédit des réserves : Vanité au crâne, masque et gel hydroalcoolique, de Jan van Kronaviruck

On vous propose aujourd’hui de découvrir un inédit des réserves !

Cette Vanité au crâne, masque et gel hydroalcoolique est une œuvre de Jan van Kronaviruck, un peintre du Siècle d’Or hollandais, connu pour ses natures mortes très marquées par la pensée calviniste. Après avoir étudié la peinture auprès des Maîtres de Haarlem, Jan van Kronaviruck voyage, principalement en Chine et en Italie, où il se confronte aux peintures de la Renaissance classique : il est particulièrement frappé par les fresques de l’église Santa Quarantena, qui vont laisser leur empreinte sur sa manière.
Cette vanité provient d’une série de cinq peintures relativement bien documentées, car réalisées pendant que le peintre était cloîtré dans sa maison de Kleinerustigstad suite à une épidémie de peste, auquel il n’échappa que grâce à sa parfaite connaissance des gestes barrières.
La composition de cette peinture témoigne de l’influence de l’école de Kleinerustigstad, dont les peintres étaient appelés les Maîtres du Confinement, par leur tendance à resserrer au maximum le cadre sur le sujet.
Les objets représentés renvoient à la vanité des biens terrestres, avec les livres incarnant le Savoir, et pourtant terrassés par la maladie, symbolisée par le crâne qui trône au-dessus. Ce crâne se situe au sommet d’une composition pyramidale avec les deux alternatives que propose le peintre à la maladie : le masque et le gel hydroalcoolique.
La présence du #poisson à droite du crâne est énigmatique, des historiens de l’Art ont supposé qu’il renvoyait aux vertus chrétiennes, mais sans certitude. On suppose qu’il a un autre sens mais cela reste hypothétique……

 

edit du 2 avril 2020 : cet article est évidemment un canular du 1er avril…

La tulipe, histoire et symbolique d’une fleur précieuse…

Originaire d’Iran, la tulipe se répand au cours du XVIe siècle en Turquie. Elle doit son nom au perse tulipan qui signifie turban, car les riches sultans avaient pour habitude d’orner fièrement leur turban de cette fleur particulièrement belle.

La création en 1593 de l’Académie d’Horticulture à l’Université de Leyde, aux Pays-Bas, voit les prémices de sa culture grâce au botaniste Charles de l’Ecluse. Il acquiert les premiers bulbes auprès de l’ambassadeur de Ferdinand Ier (empereur du Saint Empire), Ogier de Busbecq qui œuvra chez le sultan ottoman Soliman le Magnifique, une trentaine d’années auparavant.
Rapidement un nouvel engouement se crée autour cette fleur, de nombreux vols sont commis notamment au Jardin Botanique de Leyde et de nombreuses variétés sont créées. La convoitise est tellement forte que les bulbes deviennent des objets de spéculations c’est-à-dire que des fleurs sont vendues alors qu’elles n’ont même pas encore été plantées !
La tulipe cassée est la plus prisée. Ses couleurs vives et marbrées sont provoquées par un potyvirus (un virus touchant les plantes à fleurs). En février 1637 son prix atteint plus de 6500 florins, ce qui équivaut pour l’époque au coût de deux maisons, au salaire annuel de quarante trois ouvriers spécialisés, à soixante cinq tonne de beurre ou à deux cent seize porcs gras…
Ce même mois, la demande est tellement forte que tous s’effondre. Le premier krach économique se produit à cause de bulbes de tulipe !
Souvent représentées dans les Natures Mortes et Vanités, elle symbolise à juste titre la richesse, la luxure, la puissance mais également l’orgueil humain et la chute notamment après son effondrement.

Vanité de Coenraet van Roepel

En bouquet, elle est aussi signe de temps qui passe et du cycle de la vie, avec des fleurs naissantes, qui s’épanouissent et qui fanent.

Approchant de sa période de floraison ultime, nous vous proposons de nous photographier et/ou dessiner, les tulipes de votre jardin ou balcon ou imagination afin de fleurir et mettre de la couleur sur nos réseaux !


#tulipe #EvARTdezVous #culturecheznous

Un inédit des réserves restauré ! Un Portrait de famille nordique…

Un grand portrait de famille anonyme issu de la Collection vient de finir sa restauration dans l’atelier de Marie-Paule Barrat et sera visible à la réouverture du musée. Délesté de ces vernis anciens, sa transformation est impressionnante !

le portrait en avant/après la restauration (photos : MP Barrat)

Tous habillés sobrement sans renoncer aux signes, discrets, d’une certaine richesse, cette famille, sans doute hollandaise, provient de la frange calviniste de la population et témoigne du resserrement de la cellule familiale, proche de la famille moderne, et bien différent des clans multigénérationnels connus auparavant.

Ce portrait de famille sera une des pièces phare de l’exposition l’Art du Portrait qui se tiendra au musée en septembre… En attendant, retrouvez le portrait sur les réseaux sociaux du musée, où l’on vous met au défi de réaliser votre portrait de famille confinée !

Détail du mois de février : un navire en détresse !

Le détail du mois de février vous présente une saisissante scène de naufrage attribuée à Simon de Vlieger (né en 1601 à Rotterdam, et mort en 1653 à Weesp). Peintre de marines du Siècle d’or néerlandais parmi les plus réputés, Simon Vlieger travaille successivement à Delft et Amsterdam où il livre des scènes de port, de tempête ou de naufrage.
Le détail choisi ici fait penser par l’unité de la gamme des couleurs à ses œuvres de jeunesse où il est influencé par le style monochrome de Jan Porcellis et Willem Van de Velde l’Ancien. On retrouve déjà ici une de ses particularités, qui est le souci apporté aux petits éléments, avec les personnages qui viennent souligner le tragique de la scène représentée puisque le navire pris dans un orage va aller se fracasser sur les rochers de la côte toute proche. Un des marins semble vouloir échapper à ce destin funeste en montant désespérément sur le mât, pour se réfugier sur la hune, la plate-forme intermédiaire.

Pour découvrir l’ensemble de l’œuvre, rendez-vous au musée où elle est exposée dans la section des marines nordiques. Vous pouvez également découvrir cette œuvre lors de la conférence consacrée à la peinture de marine hollandaise le 22 février prochain !

Conférence sur les Marines hollandaises le 22 février 2020

Le musée Jeanne d’Aboville vous invite à la

CONFERENCE SUR LA PEINTURE DE MARINE HOLLANDAISE

ANIMEE PAR ELEONORE DERISSON

le 22 février 2020 à 17h

Eléonore Dérisson, aujourd’hui historienne de l’Art travaillant comme Chargée des collections au sein de la Fondation des Artistes, découvre le musée Jeanne d’Aboville en 2014 durant ses études à l’École du Louvre. Elle consacre son mémoire de fin d’études à l’histoire de ce musée et réalise le catalogue des tableaux hollandais de la collection.
Le 22 février 2020, elle proposera une conférence sur les peintures de marines du XVIIe siècle hollandais, en s’appuyant notamment sur les exemples des tableaux du Musée Jeanne d’Aboville. Des canaux tranquilles aux océans tourmentés, cette présentation sera l’occasion de comprendre la signification de ces œuvres autant appréciées des contemporains néerlandais du Siècle d’Or que des collectionneurs français du XIXe siècle, parmi lesquels figure Gabrielle-Uranie d’Héricourt, fondatrice du musée.

Informations pratiques :
La conférence aura lieu à l’Espace Drouot, à 5mn à pied du musée. Il se trouve rue des Bigors à La Fère.
La conférence aura lieu à 17h, ouverture des portes à 16h30, entrée gratuite
[En cas d’aléas climatiques (neige ou verglas), la conférence peut être annulée ou reportée, n’hésitez pas à contacter le musée les jours précédents pour vous faire confirmer sa tenue.]

Détail du mois de juillet : un choc de cavalerie

Le détail du mois de juillet vous présente un choc de cavalerie, tout à fait typique de la peinture hollandaise du XVIIe siècle.
On a longtemps cru que cette toile était l’œuvre Palamede Palamedesz. I, un des plus célèbres peintres hollandais spécialisé dans le genre des scènes militaires, mais des différences stylistiques fortes ont conduit récemment à le réattribuer à Jan Jacobsz. van der Stoffe, un des principaux peintres hollandais de bataille du milieu du XVIIe siècle. Stoffe naît à Leyde vers 1610 ou 1611 et meurt dans cette même ville en 1682. Ses premiers tableaux connus sont datés de 1635. On reconnait son type de composition aux grandes diagonales qui parcourent la toile et la présence d’une rivière comme point de fuite.
Ce type de peinture est souvent l’occasion pour le peintre de créer un effet spectaculaire par l’enchevêtrement des corps qui traduit le chaos de l’assaut. Le détail vous présente des cavaliers, armes à la main, poursuivants des combattants à pieds qui cherchent à se réfugier près de la rivière.
Cette toile inédite, issue des réserves du musée, est dans un état de conservation médiocre : elle est actuellement observée par des restaurateurs pour envisager une future remise en état de présentation en 2020, pour que vous puissiez venir l’admirer au musée Jeanne d’Aboville !

Détail du mois de mai 2019 : une lecture crépusculaire…

Le détail du mois est extrait d’un panneau nommé la Lecture. Il s’agit vraisemblablement d’un pastiche du genre d’Egbert van Heemskerk (Haarlem, 1634/1635 – Londres, 1704), réalisé par un peintre imitateur au XIXe siècle.
Une famille, rassemblée autour d’une unique bougie, écoute la lecture qui est faite, nous rappelant que les habitations étaient, jusqu’à l’arrivée de la lumière électrique, souvent très sombres. Les bougies étaient utilisées avec parcimonie à cause de leur coût et de l’enfumage qu’elles provoquaient. Beaucoup de maisons avaient jusqu’à la période contemporaine comme unique source de lumière après le coucher du soleil la lueur des flammes du foyer.
Ce tableau se caractérise donc par son fort clair-obscur, qui évoque les tableaux néerlandais de genre éclairés à la chandelle, appréciés pour leur effet de contraste. La lumière de la bougie prend souvent le sens de la présence divine, source d’espoir dans les ténèbres, ou son contraire, symbolisant la fugacité de la vie par sa flamme vacillante.
Ce tableau nocturne est une invitation à venir découvrir le musée à une heure crépusculaire, comme il sera possible de le faire pour la Nuit des Musées le 18 mai, l’entrée sera gratuite de 18h à 22h30 !

Spectaculaire retour de restauration pour la scène de naufrage de Vlieger

Parti en restauration en août 2018, le tableau était alors encrassé et noirci au point de ne plus être lisible, il avait également subi de nombreux accidents qui avaient déformé sa toile. L’oeuvre est revenue totalement transformée de Reims, où se situe l’atelier de Christian Vibert, le restaurateur qui a eu la lourde charge de rendre un peu de lustre à cette oeuvre quatre fois centenaire : beaucoup plus claire, on distingue à présent les nuances subtiles du ciel d’orage et les détails du bateau pris dans la tempête.

Le restaurateur Christian Vibert et la toile restaurée

Cette toile a été réattribuée à son auteur en 2016 par l’historienne de l’art Eléonore Dérisson, qui a décelé dans la toile le style si particulier de Simon de Vlieger, un grand peintre de marines du Siècle d’Or néerlandais (né en 1601 à Rotterdam, et mort en 1653 à Weesp). Ce peintre a travaillé à Delft et Amsterdam, et fut l’un des peintres les plus réputés pour les représentations de navires : on trouve aujourd’hui ses toiles dans des musées prestigieux, comme la National Gallery of Art de Washington ou le Museum de Vienne. Le nettoyage de la toile va permettre une meilleure lecture de celle-ci pour les historiens de l’art et a notamment faire apparaître une signature à demie effacée.

Naufrage de Simon de Vlieger avant et après restauration

La toile sera bientôt ré-encadrée pour être exposée au musée, mais vous pouvez déjà en avoir un aperçu ce samedi 16 février, car la toile sera exceptionnellement exposée l’après-midi à l’occasion de la conférence sur la restauration d’Orphée charmant les animaux, qui a lieu à l’espace Drouot à 17h. Vous pourrez découvrir le Naufrage tout en allant voir Orphée en amont de la conférence (entrée gratuite au musée pendant une heure à partir de 15h30).