Détail du mois de juin : bouffon, thyrse et carreau de pavement…

Le détail du mois est exposé dans la nouvelle présentation des pièces archéologiques du musée et n’était pas exposé auparavant. Il provient d’éléments de pavements, qui ont été trouvés dans les remblais de l’ancien cimetière de la Collégiale Saint-Montain de La Fère.
Les pavements de carreaux décorés glaçurés sont une création typiquement médiévale qui s’est répandue de manière importante durant le XIIe siècle à la fois en France et en Angleterre. Ce carreau date pour sa part du XVe siècle.
Le personnage représenté évoque sans doute la figure d’un bouffon, avec un bonnet avec des oreilles animales factices et un thyrse, grand bâton évoquant un sceptre souvent orné de feuilles de lierre et surmonté d’une pomme de pin, qu’on fabriquait pour les fêtes populaires.
Pour découvrir l’ensemble de cette pièce, venez la découvrir au musée Jeanne d’Aboville dans la nouvelle présentation de la section archéologique !

Une réouverture en fanfare !

Le musée est rouvert depuis  14h ce jour !

A cette occasion un tableau nouvellement restauré fait son retour en salle italienne dont la muséographie a été modifiée pour l’occasion !

Vous pouvez redécouvrir la Nature morte aux fleurs et aux oiseaux de Nicolas Casissa dès aujourd’hui dans la salle d’Orphée, magnifiquement rendu à ses couleurs par la restauratrice Marie-Paule Barrat.

A bientôt au musée !

Compagnon de confinement

Nous allons parler pour ce nouveau défi des animaux. Notre collection foisonne d’animaux en tout genre ce qui nous laisse penser que la Comtesse d’Héricourt aimait tout particulièrement nos amis les bêtes.

Les animaux prennent une place particulière auprès de l’Homme dès le VIIIe millénaire avant notre ère. En effet, l’émergence de l’agriculture permet la domestication, créant de nouveaux rapports entre les hommes et les animaux. Ces interactions sont très vite représentées dans l’Art, les grottes de Lascaux et la grotte Chauvet (chauvet est le nom du découvreur pas du lieu 😉 ) en témoignant.
Certains de ces animaux intègrent le cœur du foyer pour leurs capacités de protection et/ou de chasseurs (de souris par exemple), il s’agit bien évidemment du chien et du chat. Entre eux et la maisonnée, un réel lien se noue. C’est ainsi que l’animal de compagnie naît.

Réunion familiale dans un intérieur hollandais, suiveur de Brekelenkam

Au XVIIe siècle, la peinture animalière devient un genre particulier. Les peintres néerlandais qui commencent à sortir pour réaliser des paysages, sortent également pour saisir les traits, les mouvements et les attitudes des animaux. Les scènes de genre deviennent populaires et avec elles se multiplient la figuration d’un petit épagneul marron et blanc souvent présent dans les familles hollandaises, le Kooikerhondje (signifiant “chien de chasseur”, la race est désigné en France sous le nom de “Petit chien hollandais de chasse au gibier d’eau”). Nous retrouvons ce chien sur un de nos tableaux, inédit des réserves, réalisé par un peintre anonyme suiveur de Quirijn van Brekelenkam, un spécialiste des scènes de genre du Siècle d’or hollandais.

détail du Kooikerhondje et une photo d’un chien de cette race (source omlet.fr )

Les portraits animaliers apparaissent à cette époque, la référence dans ce genre étant les chiens de chasse de l’artiste français Jean-Baptiste Oudry.

Le chien symbolise généralement la fidélité. L’histoire du chat est plus complexe. D’abord image de protecteur car il chasse les rongeurs des greniers, il devient pendant le Moyen-âge un emblème du mal car ses yeux qui renvoient la lumière, matérialisent les flammes de l’Enfer. Il quitte symboliquement les foyers avant des les retrouver au cours du XVIIe siècle.

Pour ce nouveau défi, nous vous proposons de prendre une photo ou de dessiner, votre animal de compagnie ou un animal domestique que vous appréciez plus particulièrement. Sachez que dans l’équipe nous adorons les petits lapins !

#culturecheznous #EvARTdeVous #animal #compagnon #choupinet

Un inédit des réserves : Vanité au crâne, masque et gel hydroalcoolique, de Jan van Kronaviruck

On vous propose aujourd’hui de découvrir un inédit des réserves !

Cette Vanité au crâne, masque et gel hydroalcoolique est une œuvre de Jan van Kronaviruck, un peintre du Siècle d’Or hollandais, connu pour ses natures mortes très marquées par la pensée calviniste. Après avoir étudié la peinture auprès des Maîtres de Haarlem, Jan van Kronaviruck voyage, principalement en Chine et en Italie, où il se confronte aux peintures de la Renaissance classique : il est particulièrement frappé par les fresques de l’église Santa Quarantena, qui vont laisser leur empreinte sur sa manière.
Cette vanité provient d’une série de cinq peintures relativement bien documentées, car réalisées pendant que le peintre était cloîtré dans sa maison de Kleinerustigstad suite à une épidémie de peste, auquel il n’échappa que grâce à sa parfaite connaissance des gestes barrières.
La composition de cette peinture témoigne de l’influence de l’école de Kleinerustigstad, dont les peintres étaient appelés les Maîtres du Confinement, par leur tendance à resserrer au maximum le cadre sur le sujet.
Les objets représentés renvoient à la vanité des biens terrestres, avec les livres incarnant le Savoir, et pourtant terrassés par la maladie, symbolisée par le crâne qui trône au-dessus. Ce crâne se situe au sommet d’une composition pyramidale avec les deux alternatives que propose le peintre à la maladie : le masque et le gel hydroalcoolique.
La présence du #poisson à droite du crâne est énigmatique, des historiens de l’Art ont supposé qu’il renvoyait aux vertus chrétiennes, mais sans certitude. On suppose qu’il a un autre sens mais cela reste hypothétique……

 

edit du 2 avril 2020 : cet article est évidemment un canular du 1er avril…

Détail du mois de mars : de célestes Chérubins…

Le détail du mois provient d’une peinture actuellement en réserve représentant l’Extase de Saint François d’Assise. Cette peinture anonyme du XVIIIe siècle est pour le moment une énigme car sa provenance est incertaine : tour à tour ont été évoqués des peintres italiens, français ou encore flamands.

Le détail présenté ici montre deux têtes de bambins accompagnés de paires d’ailes. Cet assemblage incongru est une iconographie courante à partir du Moyen Age pour symboliser des anges bien particuliers : les Séraphins et les Chérubins.
Ces noms correspondent aux anges les plus proches de Dieu dans la hiérarchie céleste. Cette hiérarchie n’apparait pas dans la Bible, mais des fonctions précises sont parfois attribué à un ange en particulier. Cette hiérarchie est structuré à partir du VIe siècle : les Séraphins et les Chérubins sont placés au sommet et tendent à se confondre dans leur représentation, généralement pourvus de trois paires d’ailes. La Renaissance modifie considérablement leur aspect, les transformant en tête d’enfant pourvu d’une seule paire d’ailes, loin de la tradition iconographique médiévale. Cette représentation perdurera jusqu’au XVIIIe siècle.

Pour découvrir l’ensemble de l’œuvre, venez la voir au musée Jeanne d’Aboville!

Ça sent le Printemps… des Poètes !

A cause de la fermeture exceptionnelle du musée suite à l’épisode épidémique actuel, les animations liées au Printemps des Poètes sont annulées.

Les jours rallongent, les oiseaux chantent et les poètes composent…

En mars aura lieu au musée une animation inédite autour de la manifestation nationale qu’est le Printemps des Poètes. Cette année, des poètes locaux ont été invités à explorer la Collection pour proposer leurs ressentis face aux œuvres. Deux manières de découvrir leurs créations :

– En suivant le parcours poétique mis en place dans le musée aux horaires d’ouverture,

– En rencontrant les poètes dans une ambiance conviviale au musée lors de cafés-poésie gratuits.

Retrouvez toutes les informations concernant cette manifestation sur la page dédiée.

Fermeture de la section d’archéologie

La salle d’archéologie  est actuellement fermée au public car elle fait l’objet d’une refonte de sa muséographie.

A redécouvrir bientôt pour voir la présentation des objets rajeunie et de nouvelles pièces en provenance des réserves exposées pour la première fois !

Le programme culturel 2020 enfin dévoilé !

Après une année record en terme de fréquentation, le musée Jeanne d’Aboville de La Fère va connaitre une courte période de fermeture du 24 décembre 2019 au 2 janvier 2020. L’année future s’annonce féconde, avec de nombreux projets et animations, et un prêt prestigieux à une exposition internationale pour commencer l’année en janvier.

Vous pouvez consulter et télécharger ce programme en cliquant sur ce lien.

L’équipe du musée vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année !

Détail du mois de décembre : Hélène enlevée !

Le détail du mois de décembre vous révèle une peinture inédite des réserves, une jolie copie de l’Enlèvement d’Hélène par Lubin Baugin (1612, Pithiviers – 1663, Paris), dont l’original est visible au musée des Beaux-Arts de Dijon. D’assez bonne facture, notre copie est peut-être une deuxième version confiée à l’atelier du peintre.

On y voit représenté une des figures les plus célèbres des textes d’Homère : Hélène. Celle-ci est à l’origine de la fameuse Guerre de Troie et des récits épiques de l’Iliade, car c’est suite à son enlèvement par le troyen Pâris, que l’on voit représenté, enlaçant Hélène pour l’emporter sur son bateau, que va avoir lieu le siège de la ville de Troie. Si dans le récit original Hélène cède facilement à Pâris, l’Occident médiéval va dans ses réécritures déculpabiliser Hélène et présenter qu’elle a bel et bien été enlevée. Ces mêmes récits ont sans doute influencé la réalisation de cet enlèvement, mettant en valeur la jeune femme comme figure centrale à l‘origine de la Guerre de Troie, et renforce le préjugé commun pour l’époque de la Femme comme source de conflits et d’intrigues.

Pour découvrir l’ensemble de l’œuvre, venez la voir au musée Jeanne d’Aboville ! Vous pouvez également la découvrir dans un article paru ce mois-ci dans le mémoire 2019 de la Fédération des Société d’Histoire et d’Archéologie de l’Aisne, disponible auprès des librairies et des Archives départementales.

Retour sur les JEP 2019

Les Journées Européennes du patrimoine ce week-end ont été l’occasion pour le public de découvrir le musée autrement, via le thème de la symbolique des couleurs qui était mis à l’honneur, mais aussi d’aller à la rencontre de toiles inédites des réserves exposées exceptionnellement à Laon, au sein de la préfecture de l’Aisne.

Petit retour en photos et vidéos sur l’événement :

L’installation éphémère “Voyage au Pays des Couleurs” en mouvement

 

Exposition “couleurs sacrées” à l’église Saint Montain de La Fère

Installation “Nébuleuse colorée”, église Saint Montain

Exposition temporaire de tableaux à la préfecture de l’Aisne

Inauguration de l’exposition temporaire à la Préfecture, photo du Service Communication de la Préfecture

 

Nous remercions les visiteurs qui auront fait le déplacement à cette occasion.