Détail du mois de juillet : une Charité en voyage

Le détail du mois est consacré à un tableau italien représentant une allégorie de la Charité par Alessandro Varotari, dit Padovanino (Padoue, 1588 – Venise, 1649). Alessandro Varotari, formé à Padoue, marque la première moitié du XVIIe siècle par une exploration a posteriori de l’œuvre de Titien. Héritier d’une famille d’artistes, son père, son grand-père et sa sœur étant des peintres reconnus, il se distingue par la précision de son travail.

La figure féminine qui joue avec un enfant, juché sur ses épaules, incarne donc la Charité. La charité devient la reine des vertus sous l’ère chrétienne en incarnant l’amour de Dieu et du prochain. Elle devient une vertu théologale, c’est-à-dire une notion qui guide le croyant dans son rapport au monde et à Dieu. Dans la tradition iconographique chrétienne, la représentation imagée de la Charité est souvent celle d’une jeune femme allaitant des nourrissons. Le sujet allégorique est ici rendu à l’essentiel par un cadrage très serré et une gamme de couleurs limitée.

Cette pièce est partie en dépôt à la Préfecture de l’Aisne, vous pouvez toujours découvrir au musée une autre version allégorique de la Charité par l’atelier de Salvati !

Les visites de l’été reprennent dès juillet !

Les vacances d’été sont l’occasion rêvée de partir à la découverte du riche patrimoine artistique et culturel de l’Aisne et le musée Jeanne d’Aboville n’est pas en reste, en proposant cet été des visites guidées selon deux formules qui s’adaptent aux envies des visiteurs :

– Le musée vous invite à une visite privée complète pour découvrir le musée sous un autre angle dans un cadre intimiste en dehors de l’ouverture au public. Ces visites guidées seront proposées lessamedi matin de 10h à 12h, pour un tour d’horizon complet des différentes écoles de peinture qu’abrite le musée pour deux heures de dépaysement à la rencontre des artistes d’Europe.

– Une autre visite consacrée aux essentiels de la Collection sera proposée le samedi après-midi à 15h. D’une durée d‘environ 45 mn, elle sera l’occasion de découvrir les grands classiques du musée.

Ces deux types de visites s’effectueront uniquement sur réservation préalable auprès du musée en juillet et août, il est conseillé aux visiteurs intéressés de réserver rapidement la visite souhaitée, car les places sont très limitées (6 personnes maximum par visite).

Tarif : 4€

L’Annonciation de Simone Peterzano est de retour !

Après un périple italien où la grande toile de l’Annonciation de Simone Peterzano a été présentée dans l’exposition Tiziano et Caravaggio in Peterzano à l’Académie Carrara de Bergame, la voici de retour en salle vénitienne ! Vous pouvez la redécouvrir dès demain après-midi !

De plus, le numéro de juin du prestigieux magazine The Burlington Magazine livre une critique de l’exposition signée par Lucia Tantardini qui met en avant notre tableau, l’édition numérique est consultable gratuitement pour un temps limité !
Lire l’article en cliquant ici.

Détail du mois de juin : bouffon, thyrse et carreau de pavement…

Le détail du mois est exposé dans la nouvelle présentation des pièces archéologiques du musée et n’était pas exposé auparavant. Il provient d’éléments de pavements, qui ont été trouvés dans les remblais de l’ancien cimetière de la Collégiale Saint-Montain de La Fère.
Les pavements de carreaux décorés glaçurés sont une création typiquement médiévale qui s’est répandue de manière importante durant le XIIe siècle à la fois en France et en Angleterre. Ce carreau date pour sa part du XVe siècle.
Le personnage représenté évoque sans doute la figure d’un bouffon, avec un bonnet avec des oreilles animales factices et un thyrse, grand bâton évoquant un sceptre souvent orné de feuilles de lierre et surmonté d’une pomme de pin, qu’on fabriquait pour les fêtes populaires.
Pour découvrir l’ensemble de cette pièce, venez la découvrir au musée Jeanne d’Aboville dans la nouvelle présentation de la section archéologique !

Une réouverture en fanfare !

Le musée est rouvert depuis  14h ce jour !

A cette occasion un tableau nouvellement restauré fait son retour en salle italienne dont la muséographie a été modifiée pour l’occasion !

Vous pouvez redécouvrir la Nature morte aux fleurs et aux oiseaux de Nicolas Casissa dès aujourd’hui dans la salle d’Orphée, magnifiquement rendu à ses couleurs par la restauratrice Marie-Paule Barrat.

A bientôt au musée !

Réouverture du musée le 27 mai : retour sur les conditions d’accès

Le musée Jeanne d’Aboville a le plaisir de vous annoncer sa réouverture, à partir du 27 mai 2020, aux horaires habituels. L’équipe du musée va enfin pouvoir ré-accueillir du public et a hâte de vous retrouver.

Néanmoins les conditions d’accès sont modifiés pour assurer votre sécurité. Voici les nouvelles règles mise en place, jusque nouvel ordre, pour venir visiter le musée :

  • La capacité maximale du bâtiment a été revue à la baisse et nous n’accueillerons que 10 visiteurs maximum en même temps dans le musée.  Vous pouvez téléphoner au musée en amont de votre visite pour vérifier la densité et éviter d’attendre à l’entrée.
  • Veillez à prévoir l’appoint pour votre entrée pour éviter au maximum la circulation de monnaie entre le personnel du musée et vous. (Espèces ou chèque, carte bancaire non-acceptée)
  • Nous vous recommandons le port d’un masque. Du gel hydroalcoolique sera à disposition à votre entrée dans le musée et sur les paliers des étages. Les rampes d’escaliers et les poignées de porte seront désinfectées régulièrement.
  • Pour éviter aux personnes de se croiser dans les escaliers et conserver la distanciation sociale, les escaliers seront ouverts soit à la montée, soit à la descente. Les visiteurs devront respecter le marquage au sol et attendre pour emprunter les escaliers si quelqu’un l’utilise déjà.
  • De même, les plus petites salles d’expositions ne seront accessibles qu’à 2 personnes à la fois pour respecter les distances.
  • Les fiches de salle, et autres objets qui doivent être manipulés, ont été retirés. L’équipe du musée reste à votre disposition néanmoins si vous avez des questions durant votre visite, dans le respect des gestes barrière bien entendu.
  • Les espaces pour s’asseoir sont retirés. Un tabouret pliable peut néanmoins être proposé aux personnes ayant des difficultés à se déplacer.
  • Le musée ne proposera pas d’accès à ses sanitaires, mais des toilettes publiques sont à votre disposition dans le parc près du musée.
  • Le Service pédagogique et les visites guidées sont suspendus. Les annulations et reports d’événements annoncés auparavant sont consultables ici.

Nous vous remercions de bien vouloir respecter ces quelques règles ainsi que les consignes que le personnel pourrait être amené à formuler pour garantir votre sécurité durant votre visite.

L’équipe du musée reste disponible pour vous apporter toute information complémentaire, par téléphone, mail ou sur les réseaux sociaux.

Un mythe impliquant une mort tragique et des fleurs…

La mythologie est un dictionnaire de hiéroglyphes vivants.

Charles Baudelaire

 

Pour ce nouvel article, nous allons nous intéresser à la mythologie grecque. La mythologie est, selon le Larousse, « un ensemble d’histoires fabuleuses des dieux, des demis-dieux et des héros de l’Antiquité païenne ». Les musées regorgent souvent de tableaux mythologiques dont les mythes nous sont mal connus.
Intéressons-nous de plus près au mythe d’Adonis, ainsi qu’à sa mort que nous retrouvons sur une toile du musée, réalisée par un peintre hollandais du XVIIe siècle.

Tout débute suite à la naissance de Myrrha, fille de Cinyras qui ne put s’empêcher de vanter la beauté de celle-ci au monde entier, allant jusqu’à dire qu’elle était bien plus belle qu’Aphrodite. Vexée, la déesse fit naître l’amour incestueux dans le cœur de Myrrha. Un soir où Cinyras fut ivre, Myrrha s’immisça dans le lit paternel. Quand celui-ci se rendit compte que sa maîtresse n’était autre que sa fille, il fut prit d’une honte et voulu la tuer. Aphrodite prit pitié de Myrrha qu’elle transforma en arbre à myrrhe.
Neuf mois plus tard, fruit de l’inceste, Adonis sortit de l’écorce de l’arbre. Touchée par la beauté du bébé, Aphrodite décida de le confier à Perséphone, déesse des Enfers. Quand il fut adolescent, Aphrodite revient chercher Adonis, mais Perséphone refusa car elle avait fait de lui son amant. Aphrodite prise de colère fait intervenir Zeus pour pouvoir partir avec Adonis. Une décision est alors prise, celle de diviser l’année d’Adonis en trois, un tiers pour Perséphone, un tiers pour Aphrodite et le dernier pour qu’il se repose. Adonis décide de consacrer se dernier tiers à Aphrodite. Folle de jalousie Perséphone s’en va voir Arès, l’amant légitime d’Aphrodite, qui lança une malédiction sur Adonis : dès lors que celui-ci se retrouverait seul, il se ferait tuer.
C’est ainsi qu’au cours d’une partie de chasse Adonis se fit charger par un sanglier qui le blessa mortellement. Quand Aphrodite arriva, il était déjà trop tard mais ses larmes mêlées au sang d’Adonis formèrent de jolies fleurs de la famille des renoncules, proche de l’anémone, l’Adonis d’automne.

Cette fleur devient alors un symbole de résurrection et de renaissance dans les Natures Mortes et les Vanités. Nous retrouvons un beau spécimen dans le tableau de Coenraet Roepel que nous avons déjà évoqué.

Pour ce nouveau défi, nous vous proposons d’écrire un petit mythe sur le confinement ou sur ce que vous pensiez du déconfinement. Laissez libre court à votre imagination !

#culturecheznous #EvARTdezVous #défi #mythe #imagination #art #culture

Détail du mois de mai : symboles et esclavage…

Pour ce 10 mai 2020, à l’occasion de la 15ème Journée nationale des mémoires de l’esclavage, des traites et leurs abolitions et en partenariat avec la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, le musée consacre son détail du mois à cette représentation d’esclave, visible sur l’Allégorie du Goût, issu de l’atelier anversois de la famille Brueghel. Le raffinement affiché des détails montre l’influence de Rubens, qui possédait également un atelier dans cette ville.

Réalisé à une époque florissante, où Anvers est l’un des grands ports commerciaux à l’échelle mondiale, ce détail illustre l’importance du tristement célèbre commerce triangulaire dans la réussite économique de la ville. Si le port d’Anvers n’était pas un port négrier à proprement parler, il a néanmoins alimenté ce commerce, en armant des navires espagnols notamment.

La représentation de l’esclave noir symbolise les terres exotiques qui font la richesse des commerçants anversois, il incarne l’allégorie de l’Afrique. Il est représenté avec une coupe à boire et à proximité des contenants pour la boisson, indiquant qu’il est utilisé comme domestique. Les représentations de domestiques noirs restent rares dans la peinture flamande du XVIIe siècle car leur présence était exceptionnelle : avoir un Noir à son service était un signe extérieur de richesse car on l’avait fait venir à prix d’or depuis les comptoirs de Guinée.

Pour découvrir l’ensemble de l’oeuvre, il faudra attendre la réouverture du musée, mais si vous êtes curieux, vous pouvez retrouver le tableau ici.

#journéedemémoiredelesclavage

Vous prendrez bien un petit verre de vin?

Après avoir évoqué le plaisir des mets dans un billet précédent, il faut évoquer un plaisir qui accompagne souvent celui de la nourriture : la boisson. Ici nous nous arrêterons plus précisément sur la représentation de l’action du boire du vin, très présente dans les tableaux du musée via des libations.
Le vin symbolise différents aspects : renvoyant à des notions spirituelle via les représentations de la Cène à la Renaissance, il se sécularise pour devenir un élément de convivialité dans la peinture des XVIIe et XVIIIe siècles. Le tableau le Déjeuner champêtre du peintre du Grand Siècle François Octavien montre une joyeuse compagnie élégamment vêtue en train de profiter d’un déjeuner informel, où nombre de bouteilles sont débouchées.

Le vin était à cette période la boisson la plus répandue en France, alors couverte de vignes. Sa consommation est importante surtout dans les villes : on sait par exemple qu’à Lyon à la fin du XVIIe siècle la moyenne quotidienne est d’environ 75 centilitres par habitant. Évidemment tout le monde ne boit pas la même qualité : les personnages du tableau boivent un vin foulé et non pressé, réservé à la table des élites.
Le vin et alors considéré comme une nourriture. Pour se désaltérer, on va le boire coupé avec de l’eau, parfois pour le rafraîchir. Une nouveauté va apparaître chez les plus riches à partir de 1675 : on boit le vin à la glace c’est-à-dire frappé. Les grandes tables prennent l’habitude de réfrigérer le vin mais aussi les verres dans des récipients spécialement conçus. On peut voir un domestique sortir les bouteilles d’un rafraîchissoir sur le détail ci-dessous.

Les vins et alcools ont été transportés et conservés pendant longtemps dans des tonneaux. Le verre était rare et les bouteilles servent d’abord seulement aux vins de luxe. Avec leur fond plein et leur col allongé, ces bouteilles sont fragiles : on les recouvre d’un clissage de paille ou d’osier. A la fin du XVIIe siècle un nouveau modèle de bouteille venant d’Angleterre apparaît qui va particulièrement profiter au sort du Champagne effervescent : soufflée dans un verre plus solide avec un fond évidé, cette nouvelle bouteille est munie d’une bague de renfort au goulot qui permet d’y placer des bouchons de liège.

Le vin a pu également être regardé avec défiance, car il peut conduire à l’ivresse et l’ivrognerie. Certaines peintures ont donc un point de vue plutôt moralisant : l’Allégorie du Goût de l’atelier des Brueghel l’illustre d’une manière amusante avec un singe en train de s’enivrer. Symbolisant le double grotesque de l’être humain, le singe ici sert d’avertissement au buveur : l’ivresse pourrait le conduire à un comportement digne d’un animal…

Pour le prochain défi, on vous propose de vous mettre en scène en photo, façon scène de genre, à l’heure de l’apéritif ! Bien sûr on vous rappelle que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et que celui qui conduit le carrosse, c’est celui qui ne boit pas. 😉

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