Détail du mois d’avril : une volaille exotique…

Le détail du mois d’avril vient d’une Nature morte aux fleurs et aux oiseaux tout juste restaurée, œuvre de Nicolas Casissa ( avant 1700 – 1731 ). La vie de ce peintre est mal connue mais il fit toute sa carrière à Naples avec quelques voyages à Rome. Son style s’est sans doute imprégné des productions d’Abraham Brueghel, spécialiste flamand des natures mortes de fleurs qui s’était établi à Naples. Nicolas Casissa se spécialise également dans les fleurs et les oiseaux, produisant quantité de natures mortes où il fait varier son sujet à l’infini.

Le détail présenté ici montre la rencontre entre le naturalisme hérité du Caravage avec le goût sensuel du Baroque pour la couleur. L’oiseau choisi par le peintre pour cette composition s’y prête bien puisqu’il s’agit d’un ara rouge, ou ara macao, grand perroquet au plumage chamarré vivant dans les forêts tropicales américaines. Objet de luxe et d’exotisme au XVIIIe siècle, car il faut le faire venir à prix d’or d’Amérique du Sud, il sert également pour symboliser le voyage aux Indes, ou encore l’éloquence.

Si ce détail vous a donné envie de (re)découvrir le reste du tableau, il faudra attendre la réouverture du musée, où vous pourrez apprécier le tableau rendu lumineux par son nettoyage et sa restauration récente !

 

Crédits photo : MP Barrat

La symbolique de l’éléphant, c’est énorme

On trouve nombre d’animaux exotiques sur le tableau Orphée charmant les animaux et parmi eux figure l’éléphant. On vous propose de revenir sur cette figure très populaire aujourd’hui et devenu l’un des symboles de la lutte pour la protection de la flore sauvage.

Le Moyen-Age est une période transitoire dans le domaine de l’Art notamment dans la reproduction des animaux. D’abord sous influence chrétienne, ils ne sont considérés que comme des êtres soumis et imparfaits dominés par l’Homme. Leurs représentations se cantonnent aux scènes de l’Arche de Noé, du jardin originel et ne servent qu’à enjoliver les scènes bibliques et les paysages.
Les bestiaires se développent et avec eux le naturalisme apparaît. L’essor des ménageries royales joue également un rôle dans la position sociale des animaux, ceux-ci prennent une place à part entière, on leur donne un nom….
Dans l’Art occidental, l’éléphant est souvent représenté comme une créature fantastique, un corps de cheval, une trompe en forme de trompette et des défenses de sanglier. Il symbolise la force et l’exotisme.
L’une des premières représentation connue d’un éléphant est celle de Mathieu Paris, moine anglais bénédictin, datant de 1256.

Cet éléphant est un cadeau du sultan d’Egypte à Saint Louis en 1254, suite à une croisade malheureuse. Saint Louis n’aimant pas particulièrement les animaux décident d’offrir son nouveau compagnon à son beau frère, le roi d’Angleterre Henri III.
Les éléphants sont souvent représentés jusqu’au XVIIeme siècle, ils symbolisent l’intelligence, la sagesse et la force.

Nous vous proposons de réaliser votre propre éléphant, non pas sous forme de peinture mais en origami, relèverez-vous le défi ?

Ça se passe par ici en cliquant, on vous explique comment procéder !

#éléphant #EvARTdezVous #culturecheznous

 

Un inédit des réserves : Vanité au crâne, masque et gel hydroalcoolique, de Jan van Kronaviruck

On vous propose aujourd’hui de découvrir un inédit des réserves !

Cette Vanité au crâne, masque et gel hydroalcoolique est une œuvre de Jan van Kronaviruck, un peintre du Siècle d’Or hollandais, connu pour ses natures mortes très marquées par la pensée calviniste. Après avoir étudié la peinture auprès des Maîtres de Haarlem, Jan van Kronaviruck voyage, principalement en Chine et en Italie, où il se confronte aux peintures de la Renaissance classique : il est particulièrement frappé par les fresques de l’église Santa Quarantena, qui vont laisser leur empreinte sur sa manière.
Cette vanité provient d’une série de cinq peintures relativement bien documentées, car réalisées pendant que le peintre était cloîtré dans sa maison de Kleinerustigstad suite à une épidémie de peste, auquel il n’échappa que grâce à sa parfaite connaissance des gestes barrières.
La composition de cette peinture témoigne de l’influence de l’école de Kleinerustigstad, dont les peintres étaient appelés les Maîtres du Confinement, par leur tendance à resserrer au maximum le cadre sur le sujet.
Les objets représentés renvoient à la vanité des biens terrestres, avec les livres incarnant le Savoir, et pourtant terrassés par la maladie, symbolisée par le crâne qui trône au-dessus. Ce crâne se situe au sommet d’une composition pyramidale avec les deux alternatives que propose le peintre à la maladie : le masque et le gel hydroalcoolique.
La présence du #poisson à droite du crâne est énigmatique, des historiens de l’Art ont supposé qu’il renvoyait aux vertus chrétiennes, mais sans certitude. On suppose qu’il a un autre sens mais cela reste hypothétique……

 

edit du 2 avril 2020 : cet article est évidemment un canular du 1er avril…

Atelier dessin de mains…

Et si vous profitiez du confinement pour vous essayer à un  exercice ardu, mais néanmoins rendu accessible? La représentation des mains est souvent crainte par les dessinateurs car il est difficile de les réussir sans entrainement.

Des mains issues des œuvres de la Collection

L’artiste Pierre Grenier qui anime les ateliers de dessin du musée vous livre ci-dessous quelques astuces pour réussir vos dessin de mains, tout serait dans la proportion… Il vous propose différent exercice pour appréhender la réalisation de mains via des gabarits à réaliser chez vous. Il vous faut juste du papier, un crayon et… votre propre main !

 

Exercice 1, proportionner la main

Pour une main de face : 

– Tracer 2 carrés superposés 8 x 8cm

– Diviser le carré supérieur en 4 dans le sens de la hauteur puis en 3 dans le sens horizontal.

– Rajouter sur la gauche du carré inférieur un rectangle de 2 cm jusque la moitié du tiers inférieur puis le diviser en 3 dans le sens horizontal

– tracer les arcs (vert)

Pour une main de profil :

– tracer 2 rectangles superposés Rectangle inférieur 8 x 4cm puis au-dessus 8 x 2 cm

 

Exercice 2 : mettre du volume

Quand on observe les doigts, on s’aperçoit, en fait, que ce sont des modules ( cylindres imbriqués et articulés …voir en bas à droite)
Donc, on reprend l’exercice n°1 ( même base) mais cette fois-ci en volume.

 

Exercice 3 : main en mouvement


La paume de la main se dessine dans un parallélépipède rectangle à base carré. Sur cette moitié de cube vient se greffer, sur l’un des côtés, les quatre modules cylindriques formés de trois portions identiques imbriqués et articulés.
Le pouce, quant à lui, est placé sur la base rectangulaire, jouxtant celle des quatre doigts.

Exercice 4 : réalisez la position de votre choix


À partir de ce principe on peut donner à cette main artificielle les positions que l’on désire, à vous d’appliquer les principes découverts précédemment.

 

On vous souhaite bonne séance de dessin ! n’hésitez pas à nous montrer les résultats de vos expérimentations ! Une deuxième partie sera bientôt postée et vous donnera d’autres conseils pour réaliser notamment les mains fermées et les positions plus difficiles.

La tulipe, histoire et symbolique d’une fleur précieuse…

Originaire d’Iran, la tulipe se répand au cours du XVIe siècle en Turquie. Elle doit son nom au perse tulipan qui signifie turban, car les riches sultans avaient pour habitude d’orner fièrement leur turban de cette fleur particulièrement belle.

La création en 1593 de l’Académie d’Horticulture à l’Université de Leyde, aux Pays-Bas, voit les prémices de sa culture grâce au botaniste Charles de l’Ecluse. Il acquiert les premiers bulbes auprès de l’ambassadeur de Ferdinand Ier (empereur du Saint Empire), Ogier de Busbecq qui œuvra chez le sultan ottoman Soliman le Magnifique, une trentaine d’années auparavant.
Rapidement un nouvel engouement se crée autour cette fleur, de nombreux vols sont commis notamment au Jardin Botanique de Leyde et de nombreuses variétés sont créées. La convoitise est tellement forte que les bulbes deviennent des objets de spéculations c’est-à-dire que des fleurs sont vendues alors qu’elles n’ont même pas encore été plantées !
La tulipe cassée est la plus prisée. Ses couleurs vives et marbrées sont provoquées par un potyvirus (un virus touchant les plantes à fleurs). En février 1637 son prix atteint plus de 6500 florins, ce qui équivaut pour l’époque au coût de deux maisons, au salaire annuel de quarante trois ouvriers spécialisés, à soixante cinq tonne de beurre ou à deux cent seize porcs gras…
Ce même mois, la demande est tellement forte que tous s’effondre. Le premier krach économique se produit à cause de bulbes de tulipe !
Souvent représentées dans les Natures Mortes et Vanités, elle symbolise à juste titre la richesse, la luxure, la puissance mais également l’orgueil humain et la chute notamment après son effondrement.

Vanité de Coenraet van Roepel

En bouquet, elle est aussi signe de temps qui passe et du cycle de la vie, avec des fleurs naissantes, qui s’épanouissent et qui fanent.

Approchant de sa période de floraison ultime, nous vous proposons de nous photographier et/ou dessiner, les tulipes de votre jardin ou balcon ou imagination afin de fleurir et mettre de la couleur sur nos réseaux !


#tulipe #EvARTdezVous #culturecheznous

Un inédit des réserves restauré ! Un Portrait de famille nordique…

Un grand portrait de famille anonyme issu de la Collection vient de finir sa restauration dans l’atelier de Marie-Paule Barrat et sera visible à la réouverture du musée. Délesté de ces vernis anciens, sa transformation est impressionnante !

le portrait en avant/après la restauration (photos : MP Barrat)

Tous habillés sobrement sans renoncer aux signes, discrets, d’une certaine richesse, cette famille, sans doute hollandaise, provient de la frange calviniste de la population et témoigne du resserrement de la cellule familiale, proche de la famille moderne, et bien différent des clans multigénérationnels connus auparavant.

Ce portrait de famille sera une des pièces phare de l’exposition l’Art du Portrait qui se tiendra au musée en septembre… En attendant, retrouvez le portrait sur les réseaux sociaux du musée, où l’on vous met au défi de réaliser votre portrait de famille confinée !

Concours de dessin « Animaux de Pâques »

Le musée propose un petit divertissement au jeune public sous la forme d’un concours de dessins ayant trait aux animaux de Pâques, c’est-à-dire, poule, coq, poussins et lapins.
Parents, encouragez l’esprit artistique de vos enfants en leurs demandant de produire un dessin incluant au moins un des animaux pré-cités.
Il y a aura deux gagnants :
– l’enfant dont le dessin qui aura le plus de « like » sur la page facebook du musée remportera un exemplaire du livre D’art d’art ! Pour les enfants.
– un dessin sera choisi par le jury du musée et son auteur remportera une valisette de coloriage.

Pour participer, il faudra scanner ou photographier la production de l’enfant participant et la renvoyer au musée à l’adresse mail suivante mjaboville@gmail.com, en ajoutant les informations suivantes :
– nom/prénom du responsable légal
– prénom et âge de l’enfant participant

Les dessins seront présentés sur la page facebook du musée à partir du 4 avril et le public sera alors encouragé à liker sa participation préférée jusqu’au 10 avril, 17h. Les résultats seront proclamés le 11 avril sur facebook et sur le site web du musée,

Les conditions de participations :

Ce concours d’adresse aux enfants jusque 8 ans. Les participants doivent réaliser leur production seuls, sans l’aide de leurs parents.
Le responsable légal de l’enfant doit accepter la publication du dessin et du prénom sur les réseaux sociaux et le site web du musée. L’envoi de la participation par mail faisant preuve de consentement.
Le dessin doit être transmis au musée avant le 3 avril, minuit.

“Pour un Printemps cadenassé”, le recueil numérique gratuit qui revient sur l’action du Printemps des Poètes

Suite à la fermeture du musée Jeanne d’Aboville le lundi 16 mars 2020 pour au moins un mois, les activités du Printemps des Poètes se sont brutalement interrompues, laissant pour cette édition qui se voulait ambitieuse un goût d’inachevé.
Les quatre poètes, qui ont participé à l’élaboration du parcours poétique et qui tenaient les café-poésies et animations auprès du public scolaire, ont souhaité offrir une prolongation à l’action via le numérique, et le musée a élaboré un petit recueil de 75 pages disponible en téléchargement gratuit  en cliquant sur la couverture ci-dessous :

Ce livret permet de découvrir depuis chez soi les poèmes et textes qui composaient le parcours poétique dans les salles du musée. Des reproductions des peintures qui les ont inspiré sont placé en regard de chaque poésie, pour mieux s’immerger et avoir l’impression d’avoir une visite à domicile.
Une excellente occupation dans le cadre du confinement qui, nous l’espérons, vous plaira si vous n’avez pas eu l’occasion de venir découvrir le parcours poétique au musée. Le titre du recueil fait évidemment allusion à l’actualité en parlant de Printemps cadenassé tout en proposant une évasion par les Arts.

L’équipe du musée remercie les poètes participants pour leur enthousiasme et leur implication, car ils ont accepté la publication de leurs textes sans contrepartie pour partager leur art avec le public.

Fermeture du musée

Suite au grave épisode épidémique que nous connaissons actuellement, le musée Jeanne d’Aboville est contraint de fermer ses portes au public jusqu’au 15 avril 2020 minimum.

Cette fermeture prolongée implique l’annulation de plusieurs activités qui étaient prévues en mars et avril :

  • Le café-poésie avec la poétesse Laury Versin du 21 mars est annulé.
  • L’animation pour Pâques est également annulée.
  • Les cours de dessin dans le cadre de Devenez dessin’acteur ! sont annulés. Ces derniers pourront être reportés à l’automne en fonction des disponibilités de l’artiste et des  conditions d’accueil du musée.

N’hésitez pas à consulter le site web du musée pour être tenu au courant de son actualité, si le musée ne peut plus vous accueillir, vous pourrez continuer à découvrir la Collection via les réseaux sociaux et les articles postés ici !

L’équipe du musée vous souhaite néanmoins une bonne journée.

Devenez Dessin’Acteur ! 2020, cours de dessins gratuits au musée en avril

A cause de la fermeture exceptionnelle du musée liée à l’épisode épidémique actuel, l’animation “Devenez dessin’acteur!” est annulée.

Place aux artistes au musée Jeanne d’Aboville !

Les dessinateurs, aguerris ou non, sont invités à venir participer à la session de croquis encadrée par Pierre Grenier face aux tableaux du musée. Artiste laonnois, Pierre Grenier s’adaptera au niveau des participants pour proposer un atelier décomplexant et stimulant. …et totalement gratuit !
La thématique de cette atelier dessin sera le paysage, les participants seront invités à proposer leur propre paysage imaginaire en s’inspirant de ceux visibles dans le musée et en profitant des apports et démonstrations de l’artiste.
Une fois l’esquisse de leur paysage terminée, les apprentis artistes pourront découvrir la technique du pastel sec, toujours en compagnie de Pierre Grenier.

Informations pratiques  :
Les sessions de dessin encadrées auront lieu de 14h30 à 17h30 les 4 et 18 avril 2020, et sont gratuites.
L’atelier est proposé aux enfants à partir de 10 ans et aux adultes.
L’inscription préalable auprès du musée est recommandée car le nombre de places est limitée. Les réservations peuvent s’effectuer par téléphone (03 23 56 71 91), ou sur le site internet et les réseaux sociaux du musée.