SALLE DES VANITÉS

Cette salle est consacrée à la peinture du Siècle d’Or hollandais, car la collectionneuse a cultivé une véritable prédilection pour l’art septentrional. Le Siècle d’Or désigne une période comprise ente 1580 et 1700 où les Pays-Bas, débarrassés du joug du Saint-Empire prennent un essor économique important, et deviennent la plaque tournante commerciale de l’Europe.

Détail de la nature morte au homard, suiveur de De Heem

Cette prospérité rejaillit sur la pratique des arts, en particulier la peinture, qui voit se développer un usage non plus religieux mais profane, pour répondre au goût de la nouvelle clientèle calviniste, issue d’une bourgeoisie marchande enrichie. Les natures mortes et les vanités du musée sont de précieux témoignages de cette période, où l’art sécularisé reste pourtant imprégné de morale.

La Nature morte aux poissons de Peter de Putter montre un art qui célèbre l’austérité protestante en restreignant la gamme de couleur sans renoncer à un rendu naturaliste du sujet. Dans le même esprit Mors Omnia Vincit (la Mort triomphe de tout), du peintre Mathias Withoos, célèbre le bouillonnement intellectuel que l’on trouve dans les Pays-Bas dans un tableau aux symboliques complexes, imprégné à la fois d’exégèse chrétienne et de références à l’Antiquité.

Nature morte de poissons, de Pieter de Putter
Mors omnia vincit de Mathias Withoos

Incursion française en terre nordique, le visiteur rencontrera dans cette salle un des tableaux les plus célèbres du musée : le Panier de prunes de Pierre Dupuis (1610-1682) surprend et étonne. Sa technique picturale virtuose et sa précision, laissent s’exprimer un charme et un réalisme intemporel.

L’exceptionnel panier de prunes de Pierre Dupuis

Le Siècle d’Or hollandais est aussi celui du triomphe du paysage, et on trouve également dans cet espace une des œuvres majeures de Salomon van Ruysdael (1602-1670) intitulée « Ruines de l’abbaye d’Egmond ». Réalisé en fin de carrière, ce paysage montre la maitrise très sûre atteinte par Ruysdael par le rendu des textures et des densités, en particulier dans le ciel.

Ruines de l’abbaye d’Egmont, Salomon Rhuysdael

L’un des plus beaux tableaux d’Emanuel de Witte (1617-1692), « Intérieur d’église imaginaire aux moines », dont le rendu subtil de la lumière restitue l’atmosphère de silence de cette peinture de dévotion, pourtant réalisé dans un contexte de forte tension entre communautés catholiques et protestantes.

Intérieur d’église d’Emmanuel de Witte