Portrait de Madame Adélaide par Elisabeth Vigée-Lebrun

Elisabeth Vigée-Lebrun est une artiste peintre française, considérée comme la plus grande portraitiste de son temps. Elle a pu être comparée à Quentin de La Tour ou Jean-Baptiste Greuze.
Son art et sa carrière exceptionnelle, en font un témoin privilégié des bouleversements de la fin du XVIIIe siècle, de la Révolution Française et de la Restauration. Fervente royaliste, elle sera successivement peintre de la cour de France, de Marie-Antoinette et de Louis XVI, du Royaume de Naples, de la Cour de l’empereur de Vienne, de l’empereur de Russie et de la Restauration.
Des dix enfants de Louis XV, seulement deux ont survécu à la Révolution : ses filles Adélaïde et Victoire. Ce portrait d’Adelaïde (1732-1800) fut réalisé alors que celle-ci s’était exilée en Italie en 1791, rejoignant l’ancien palais de l’ambassadeur de France au Vatican.
Ce portrait à la fois sobre dans sa composition et rappelant des fastes royaux disparus par la finesse du rendu des étoffes témoigne de l’état d’esprit mélancolique qui devait sans doute habiter son modèle, qui mourra en exil quelques années plus tard à Trieste.

Madame Adelaïde est un personnage ayant une résonnance particulière dans la région puisque c’est à elle et sa sœur qu’on doit le nom du Chemin des Dames, tragique lieu de bataille de la Première Guerre mondiale. Il s’agissait alors d’un petit chemin, peu carrossable. Il fut emprunté entre 1776 et 1789 par Adélaïde et Victoire, qui, venant de Paris, se rendaient fréquemment au château de La Bove. Le château appartenait à Françoise de Châlus, ancienne dame d’honneur d’Adélaïde. Pour faciliter le voyage, les deux sœurs firent empierrer le chemin, qui prit le nom charmant de Chemin des Dames.

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